La cité de Silit est particulière... dirigée par une royauté de succube et d'incube, la luxure est loin d'y être un péché, et est même un art de vivre !
 
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 Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]

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Aamon Lupercal

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MessageSujet: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Ven 1 Juin - 1:54

Tête à tête.



La route avait été longue, mais heureusement pour mon petit cortège et moi-même, sans encombre. Le déguisement de fortune auquel j'avais paraît Odogara, avait suffi pour  détourner l'attention des passants, mais je me rendais bien compte que chaque pas effectué était un risque inutile supplémentaire pour notre groupe. Ainsi, bien qu'ayant à la base dans l'idée de l'amener jusqu'à ma propriété dans le quartier Noble, je changeais finalement d'avis au dernier moment, comme pris par un éclair de lucidité. Je me tournais par conséquent vers Burnagore en lui assénant.

- Nous sommes à deux pas d'une de mes planques habituelles. Nous allons finalement y faire un léger détour, ce sera plus sûr pour le moment. Une fois sur place, je compte sur toi pour tenir la garde. Fais en sorte que je ne sois dérangé sous aucun prétexte.

Après une réponse positive de Burnagore, je jetais un regard en coin à Odogara, étudiant ma proie à présent sous bonne garde.

- Nous serons plus à l'aise en sachant que nous ne serons pas dérangés.


---


Après une inspection sommaire de la bâtisse, j'incitais Burnagore à tenir son rôle comme prévu. Guidant dans le même temps la jeune rousse à pénétrer dans un escalier dérobé, menant jusqu'au sous-sol. Habituellement, ces lieux étaient plutôt étroits et peu profonds, mais c'était loin d'être le cas dans cette maison. Étudier spécialement pour les interrogatoires, j'avais faits en sorte de faire creuser suffisamment d'espace tout autour pour être amplement libre dans mes mouvements et mes décisions. Ce faisant, le sous-sol était composé de nombreuses pièces annexes ayant la spécificité d'être parfaitement insonorisé. Me permettant de cette façon d'opérer de la manière que je jugeais le plus efficace, qu'importent les éventuels cris de mes victimes. Pour le moment, je décidais d'amener Odogara dans la première salle, qui en soi n'avait rien de réellement effrayant. C'était une petite pièce semblable à une salle de travail. Un bureau massif et luxueux comparé aux autres éléments du bâtiment en proie à l'épreuve du temps trôner au centre de la pièce. Celle-ci était savamment éclairée par plusieurs torches accrocher aux murs, donnant lieu à des reflets de lumière tantôt bienfaisants. Tantôt sinistre quand l'arrière de la salle révélé une terrible porte en acier dont les gonds semblaient être à toute épreuve, l'entrée de la seconde salle. Le reste de la pièce était des plus communs, les murs étaient à nus, tandis que sur le sol reposer un tapis somptueux, second signe de richesse du détenteur des lieux, votre serviteur.

D'un geste du doigt, j'ordonnais à Odogara de prendre place en face de moi, dans son propre siège. Je terminais par m'asseoir à mon tour dans un siège luxueux, où étaient brodées en maints endroits mon armoiries. Elle ne semblait pas vraiment à l'aise, épuiser et sans doute le ventre vide depuis ces deux journées dehors, son esprit ne devait plus tourner rond. Les écorchées avaient le défaut d'être de véritable centre sur patte, un calvaire pour les familles pauvres, mais surtout pour leurs pauvres victimes lorsqu'ils étaient à l'état sauvage. J'inspirais sereinement en la fixant durant quelques secondes, nous n'avions pas parlé depuis notre séparation avec Burnagore, et je savais qu'après les événements que nous venions de vivre, elle n'avait pas particulièrement confiance en moi. Je ne pouvais pas lui donner tort, je n'étais guère quelqu'un de confiance en bien des domaines et ma fidélité n'allait qu'à ma reine. Cependant, j'allais essayer d'être le moins agressif possible en ce début de conversation, si je pouvais être un monstre, je n'en restais pas moins diplomate quand la situation l'exiger. Je m'adressais donc finalement à elle, en prenant la parole, d'un air serein et d'un ton détendu.


- Bien, avant tout de chose, je préfère être honnête avec toi. Je sais que tu as des apriori sur ma personne, tu dois me voir comme un espèce de cinglé, mais saches que je suis le garde du corps de sa Majesté. Aamon Lupercal, voilà mon nom. Je ne suis pas là pour te poser des problèmes ou t'utilisais comme un objet, j'attends simplement des réponses sincères et honnêtes de ta part.


Je quittais la profondeur de mon fauteuil en me rapprochant un peu plus en avant vers le bureau, forçant le regard de la jeune femme. M'y perdant l'espace d'une seconde.

- Si tu joues le jeu, et que tu ne cherches pas à me ralentir, tu pourras être jugé dignement. Si ton aide est suffisamment importante pour la résolution du problème que je vais t'exposer, alors je pense que tu t'en tireras sans trop de difficulté. Ta vie ne sera pas mis en danger, et tu n'auras plus à te soucier d'avoir de nouveaux des guetteurs sur ton dos.

Je la pointais à présent de mon majeur, en laissant apparaitre furtivement mes crocs une nouvelle fois.

- En revanche... Si tu t'obstines à jouer les rebelles, à me mentir et à vouloir protéger les personnes qui t'ont engagé. Alors... Disons simplement que tu découvriras bien plus tôt que prévu, une facette particulièrement mauvaise de ma personne. Ai-je été bien clair ?

Je venais alors me ravisais après ma menace énoncer. M'enfonçant une nouvelle fois dans mon fauteuil. Appréciant sa douceur avant de reprendre d'une voix neutre.

- Raconte-moi ce qui t'a amené à tuer pour l'homme qui t'emploie actuellement.

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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Ven 1 Juin - 20:58

Tout devrait bien se passer. Il n'en fera pas son repas.
Burnagore se répétait silencieusement cette litanie, son œil rouge à l'affût du moindre problème en devenir qui daignerait rendre son boulot du jour un peu plus pénible qu'il ne l'était déjà. Pour l'heure, tout avait l'air d'aller pour le mieux. Si bien que le patrouilleur, malgré tout sur ses gardes comme les quatre-vingt dix-neuf pourcents de son temps, pouvait se permettre de monter la garde devant la porte du cloaque d'Aamon, les bras croisés sur son impeccable veste de travail bordeaux et le dos reposé contre la sobre porte.
Il se souvint du regard que lui avait lancé la Lycan avant de disparaître par cette même porte. Un regard mitigé, partagé entre l'accusation et la détresse. Au moins sa propriétaire silencieuse n'avait-elle pas tenté de le mordre en chemin, sans quoi Burnagore n'aurait pas pu se montrer aussi indulgent qu'il l'avait été jusqu'ici.
Elle sait se montrer docile. Elle a appris à reconnaître son infériorité, ça aussi j'ai pu le constater. Mais cette autre part d'elle, endormie ou scellée, pourrait très bien émerger inopinément et gangrener son bon sens. A ce moment-là...
Burnagore poussa un long soupir, fermant son seul œil valide l'espace de quelques infimes secondes. Il secoua la tête, un demi-sourire accroché à ses lèvres.
Dans tous les cas, la suite des événements dépendra de sa décision. Moi je vais me contenter de guetter. Rien de bien méchant. Rien de bien... compliqué.
Ce genre de tâche passive ne lui tenait pas vraiment à cœur. C'était terriblement ennuyant pour le patrouilleur. Par définition, un homme de sa fonction arpente la cité ; il ne campe pas devant la porte d'une bâtisse comme une foutue statue...
On ne fait pas toujours ce qu'on veut.
Il soupira. Encore. Un petit peu plus profondément.
Quelle journée de merde.


Cet endroit ne vendait pas du rêve à l’Écorchée, qui s'était enfermée dans un silence méditatif. Le rez-de-chaussée, aussi simple que désert, n'avait rien d'attrayant. Il était même plutôt triste, et Odogara fut bien soulagée de le quitter pour rejoindre, sur les talons du géant,... une pièce en sous-sol ?
En cours de route, elle eut, piégée dans les escaliers, une puissante envie de rebrousser chemin et de retourner dans la pièce principale, qui lui paraissait d'un coup beaucoup plus belle et raffinée qu'à première vue. Mais Odogara, non sans déglutir, n'obéit pas aux recommandations empruntes de crainte que lui soufflaient sa conscience. Elle se fit donc violence pour ne pas décevoir l'homme qui, avec son collègue, l'avait "gentiment" escortée jusqu'en ces sinistres lieux.
Une fois les marches descendues, au centre de cette nouvelle pièce Odogara avisa un bureau, plus ostentatoire que confortable, posé sur un grand et luxueux tapis qui, de par son manque de sobriété, contrastait avec la nudité effarante des murs. On aurait dit une salle d'accueil où l'administration, douée d'un pouvoir absolu, avait droit de vie et de mort sur ses infortuné(e)s invité(e)s.
Odogara déglutit et fut bien étonnée de ne pas entendre le son se réverbérer sur les murs pour insidieusement amplifier ses appréhensions. Elle estima donc que le degrés de sa peur n'était pas aussi élevé qu'elle le pensait. Pour autant, la situation et le contexte dans lesquels elle se trouvait n'avaient rien de rassurant...
Peut-être que si je fais montre d'obéissance ce type ne me brutalisera pas ? Ou peut-être qu'il joue un rôle et cherche à me faire baisser la garde ? Je ne sais pas... je ne sais plus.
Elle entendit son ventre émettre un vilain grondement très éloquent - celui-là se répercuta immédiatement sur les murs, la privant de toute discrétion.
Par tous les diables ! elle crevait de faim...
Son surveillant éluda cette plainte en lui ordonnant, d'un geste clair et autoritaire, de s'asseoir face à lui. Là où une chaise attendait de pouvoir se languir d'un malheureux postérieur.
Avec un soupçon de réticence tout de même, Odogara s’exécuta et... trouva le siège plutôt confortable. Elle baissa les yeux dessus, étonnée, avant de revenir au visage assagi de son interlocuteur quand ce dernier fit des suppositions sur les idées qu'elle avait développées de lui - elle ne le considérait plus tout à fait comme un cinglé -, pour finalement lui décliner sa prestigieuse identité : "Aamon Lupercal en personne, garde du corps de la Reine silitienne." Le concerné la rassura sur ses intentions et, à partir de là, Odogara bascula un peu plus dans l'incrédulité, sa prudence reprenant un peu plus le dessus sur tout le reste.
Jusqu'ici j'ai toujours été l'objet de quelqu'un... ou de quelque chose, songea-t-elle en songeant avec dégoût aux chiens de son maître. Pourquoi ça changerait ? Parce que j'ai affaire au garde du corps d'une personne très influente ? Pff ! Il peut tout aussi bien m'utiliser comme il l'entend et faire en sorte que ça ne s'ébruite pas, puis...
Un autre borborygme, moins bruyant mais plus douloureux. Elle glissa une main sur son ventre dans l'espoir de le soulager ne serait-ce qu'un peu. Ce faisant, elle s'efforça de soutenir le regard d'Aamon, bravant ce manque alimentaire qui la rongeait de l'intérieur.
Le garde du corps lui proposa un deal sans plus attendre. "Tu contribues à la résolution de cette affaire et ta peine sera allégée", comprit l’Écorchée dont l'attention restait rivée sur le maître de ces lieux. Odogara ne répondit rien, pas encore du moins ; elle avait fini par apprendre qu'il n'était jamais bon de couper la parole à ses locuteurs, à plus forte raison quand ceux-là détiennent les clefs d'une salle de torture.
Oui, l'esclave avait eu tôt fait de la repérer en pénétrant dans ce sous-sol, la solide porte en acier qui menait sans nul doute possible vers un tout autre enfer. Odogara n'osait pas poser les yeux dessus - elle observait plutôt le doigt pointé dans sa direction comme si elle s'attendait à ce qu'une lame en os en jaillisse à un moment ou à un autre.
Sans préambules, l’Écorchée, inquiète, opina d'un faible hochement de tête.

- ...Oui, répondit-elle piteusement.

Elle baissa les yeux - ce n'était en rien un réflexe de femelle asservie, simplement une réaction logique due à son besoin irrépressible de se nourrir avant que le soleil ne se couche. Odogara n'était pas sûre de pouvoir supporter un tel supplice encore longtemps, tout comme elle craignait de ne pas pouvoir se réveiller si jamais elle parvenait d'ici-là à s'endormir le ventre vide.
Elle était prise entre deux feux : la faim et Aamon. Le second, confortablement installé dans son siège chichement décoré, posa sa première question. Celle-là fit momentanément oublier sa faim à l’Écorchée, qui sentit tout de même ses épaules s’affaisser.
Pour l'esclave, il n'existait pas trente-six réponses à cette interrogation :

- La contrainte... et la peur qui l'accompagne, déclara-t-elle, mal à l'aise de devoir l'admettre aussi facilement. Il ordonne, j'obéis. Sinon...

Le passage à tabac ? La livraison aux canidés libidineux ? Non, aucun des deux.
Odogara se passa une main dans les cheveux et se gratta nerveusement le haut du dos, ses sourcils rouges arqués en une expression de forte contrariété.
Désobéir avait un prix. Un prix qui lui coûterait d’autant plus cher dans son état actuel.
Finalement, elle ne termina pas sa phrase, ses mâchoires serrées par l'impuissance.



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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Mar 5 Juin - 21:56

Tête à tête.



Elle était visiblement affamée. Déjà plusieurs minutes d'attente pour ma réponse et pourtant, des bruits c'étaient déjà fait sentir. J'avais tendance à oublier l'importance des repas pour les Lycans de son espèce. De véritables centres sur pattes, capable d'ingérer leur poids en un repas si l'occasion se présente... Des rapaces avides, et particulièrement couteux lorsqu'on les utilise comme Odogara. Son maitre devait avoir suffisamment de moyen pour s'attacher ses services, je connaissais déjà globalement qui il étais, mais je pouvais à présent enquêter sur ses revenus éventuels et ses procédés. Une occasion en or, puisque la connaissance de son adversaire avant un combat ou une opération comme celle que je comptais mener était des plus importantes. J'avais tout intérêt de bichonner Odogara pour le moment. Elle était de nature extrêmement violente de ce qu'on m'avait raconté et avait visiblement beaucoup de mal avec l'autorité. J'avais tout le loisir de la torturer, mais je souhaitais dans un premier temps, essayer la manière douce. Voyant qu'elle était d'accord pour coopérer, je recevais son oui presque inaudible avec un sourire.  Hélas, le reste de son monologue fut des plus décevants. Des réponses courtes, dénuées du moindre détail et pire encore, elle n'avait pas entièrement répondu à la question.

Heureusement, un tique corporel qu'elle émit en fin de phrase, me triturer suffisamment l'esprit pour que je me lève de mon fauteuil. Sans dire un seul mot, je me positionnais bientôt derrière elle, pour étudier plus en détail le corps de la jeune femme. Son haut était couvert de trous à divers endroits, signe de multiples tentatives de fuite à travers la cité, que cherchait elle a fui au juste . Elle ne nous avait repérés qu'au dernier moment de son escapade, elle avait eu près de deux jours pour s'échapper, mais pourtant rien n'y fit. C'est à cet instant que les paroles du prisonnier que j'avais torturé quelques heures plus tôt me revinrent dans la tête. L'homme avait fait allusion à un elfe et un patron mi-Orc qui leur avait fait une bien mauvaise impression. Ces gars-là ne devaient pas être des tendres, mais comment pouvaient-ils maintenir une écorchée sous contrôle ? Elle ne semblait pas particulièrement fière de les servir. Que pouvait donc être cette fameuse "contrainte" qu'elle avait évoquée . Ces questions restèrent sans réponses dans mon esprit, mais je savais qu'il me faudrait un petit coup de pouce pour continuer l'interrogatoire.

Toujours debout dans son dos, je reprenais la parole avec un ton mielleux.


- Bien... En revanche il va falloir être un peu plus bavarde que ça si tu veux que je sois courtois avec toi en échange.


Je me positionnais près de la porte en fer menant à une pièce, avant de m'y engouffrer. Elle était non éclairé et son contenu rester donc difficilement visible. J'en sortis après quelques secondes, les mains tenant un sac remplies de victuaille. Fermant la porte derrière moi dans le même temps.

- Tu as faim n'est-ce pas . Détaille-moi ta relation avec ton maitre actuel, et je ferais en sorte que tu n'aies plus jamais à souffrir de ce genre de problème.


Le sac était composé d'une pièce de viande soigneusement emballée et protégée par une aura de lumière empêchant la pourriture. De différents fruits, ainsi que du pain et des noix. Un frugal repas certes, mais sans doute de quoi allécher ses sens au vu de l'état de faim dans lequel elle se trouvait. Je déposais le sac sur la table avant de placer une main sur l'épaule de la jeune femme, rapprochant ma tête de son oreille pour lui chuchoter.

- Je suis sûr que tu peux-être une petite fille-modèle quand tu veux.


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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Mer 6 Juin - 20:08


Cette pression horripilait l’Écorchée, qui faisait d'ailleurs de son mieux pour ne pas le laisser transparaître. L'ombre que projetait l'épaisse carrure d'Aamon, dressée juste derrière Odogara, recouvrait de manière inquiétante une partie non-négligeable du bureau. La Lycan pouvait difficilement la manquer et encore moins en décrocher les yeux puisqu'elle s'efforçait de regarder droit devant elle, de ne surtout pas tourner la tête...
Il ne bougeait pas ; Odogara en déduisit qu'il cherchait à l'analyser, en se fiant autant à son physique qu'à son mental par le biais de la qualité de ses réponses. Et, évidemment, le rendu de ces dernières ne fut pas des plus probants pour le garde du corps, qui ne manqua pas d'ailleurs, sans l'ombre d'une hésitation, de le lui faire remarquer.
Si Odogara avait eu des poils le long de sa nuque, elle les aurait sans doute sentis se redresser. Au lieu de ça, un frisson glacé lui traversa l'échine.
L’Écorchée, affaiblie, se crispa de tout son être par peur de recevoir un mauvais coup lorsque le colosse se remit à bouger. Cela dit le concerné n'en fit rien ; contre toute attente, il ouvrit l'inquiétante et lourde porte en fer pour y pénétrer en silence. Odogara ne put s'empêcher de tourner la tête vers ladite pièce, le temps de s'interroger sur ce qu'elle pouvait bien renfermer... et de s'enfoncer dans un épais nuage de craintes plus terribles les unes que les autres. Elle s'imaginait qu'Aamon allait en ressortir, un gourdin à la main ou un martinet.... ou une arme de cet acabit encore pire !
Ça y est... Je vais passer un sale quart d'heure ! Ce monstre va me battre jusqu'au sang pour obtenir des réponses, et moi je vais baigner dans cet océan de douleur jusqu'à ce qu'il les obtienne. Je vais sans doute devoir mentir pour espérer avoir un petit moment de répit, et puis lorsqu'il se rendra compte de la supercherie, il me frappera de plus belle...
Elle sentit sa lèvre inférieure trembler de nervosité et dut se la mordre pour en interrompre le désagréable processus.
Je suis coincée, quoi que je dise ou quoi que je fasse.
Quand la porte se ferma et qu'Aamon s'en exfiltra avec un calme souverain, l’Écorchée se raidit comme une statue après avoir détourné les yeux sur le meuble devant lequel elle était assise. Elle ne tenait absolument pas à voir ce qu'il tenait entre les mains, absolument pas !
Mais ça c'était avant d'entendre le mot « Faim » quitter les lèvres de son potentiel bourreau. Un mot qui éveilla la curiosité de la Lycan divergente au point d'attirer aussitôt et inconsciemment ses jolies prunelles sur le fameux sac bien chargé. Les narines d'Odogara se mirent à palpiter, à humer l'air... et à se délecter des odeurs alléchantes qui se dégageaient de la toile à la propreté miraculeuse.
Il tenait à ce qu'elle lui détaille sa relation avec son maître, en échange de quoi elle pourrait se repaître des victuailles cachées dans le sac.
...Est-ce que... c'est dans mes cordes ?
A ce moment précis, elle avait terriblement faim. Si faim que son état de santé passait bien avant les probables répercussions de son bavardage à venir. Si faim que ses craintes de devoir encaisser de nouveaux coups, de devoir supporter de nouvelles punitions, passèrent toutes en second plan.

- ...Je..., balbutia la Lycan, les yeux encore et toujours rivés sur le sac à provisions.

Une boîte de Pandore. Si jamais elle venait à l'ouvrir, elle en serait ravie au début mais sans doute beaucoup moins après la consommation.
Elle en avait cure ! Son estomac gronda une nouvelle fois, comme pour approuver son choix. Elle en avait... définitivement cure. D'ailleurs l'esclave ne s'offusqua pas du sarcasme d'Aamon, ni même de son souffle tout proche de son oreille. Pas plus qu'elle ne prêta attention à sa main posée sur son épaule nue, là où le tissu de sa tunique avait été déchiré.
Tous ces petits détails, Odogara, dans son profond état de faiblesse et d’apathie, s'en fichait.
Le sceau gravé dans sa nuque se mit à rougeoyer discrètement avant même qu'elle ne s'épanche verbalement sur sa relation avec Eviscéran :

- Il me considère comme sa « poule aux œufs d'or ». Je suis... sa catin de premier choix. Je suis sa femme et son objet... j'enseigne à ses nouvelles acquisitions l'art de forniquer pour remplir ses coffres et je.... et je..., elle déglutit au beau milieu de sa tirade puis reprit, plus rapidement, la peur d'être interrompue embrumant son regard : je suis celle qu'il envoie pour s'occuper de sa sale besogne. Je liquide ses problèmes composés de chair et de sang et, en échange, il m'offre la garantie que je ne serai pas punie par ses chiens !

Elle venait d'avouer. Sa volonté et sa haine firent provisoirement barrage au sceau, et notamment vis-à-vis de l'intense chaleur qui commençait à s'immiscer dans le moindre des muscles de la Lycan. Mais elle eut beau serrer les dents, fermer les poings, entrechoquer les genoux... cela ne suffit pas. Le « feu liquide » se propagea dans tous ses membres et Odogara, dangereusement affectée, dut se plier en deux sur la table, non sans lâcher un cri que les murs réverbèrent promptement. Elle se mit ensuite à gémir en posant une main fébrile sur sa nuque marquée du Sceau d'Asservissement, juste sous sa longue chevelure flamboyante.
Ce maudit dessein, gravé à même sa chair, pulsait vilement sous ses doigts contractés. Il ressemblait à une cage composée non pas de lignes droites mais d'une complexe succession de symboles cabalistiques imbriqués les uns dans les autres.
Odogara s’agrippa au bureau comme une naufragée, parfaitement incapable de se redresser en l'état actuel des choses. Elle payait le prix de cet affront envers son maître... de cette trahison !

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Dernière édition par Odogara le Sam 9 Juin - 18:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Sam 9 Juin - 1:07

Tête à tête.



Une fois encore, mon approche douce et mes promesses de récompenses semblaient avoir fait mouche. C'est avec une certaine attente et sans doute un brin de réflexion, que la lycan se décida à passer à table à défaut de pouvoir se sustenter dans l'immédiat. Malgré un "Je" d'hésitation, elle enchaîna rapidement sur une succession d'informations que je n'avais jusqu'alors pas pu obtenir de la bouche du malfrat que j'avais torturé quelques heures plus tôt. Cependant, tandis que ses mots s'évader de sa gorge, comme un torrent sans le moindre obstacle. Je remarquais une lueur étrange et malsaine située au niveau de sa nuque... Qu'était-ce donc ? Un symbole néfaste avait fait son apparition, il ne resta que l'espace d'un instant avant de redoublait d'intensité après les aveux de la jeune femme. Je comprenais alors aisément tout ce qui se tramait derrière cette histoire. L'homme à la tête de l'opération et propriétaire de l'esclave, avait eu recours à une forme de magie des sceaux. Un sceau suffisamment puissant pour étreindre la volonté d'aveu d'une écorchée ? La force du mage à l'origine de ce sceau n'était pas à prendre à la légère. Burnagore m'avait d'ailleurs fait mention d'un potentiel responsable, un Elfe noir de ce qu'il m'avait dit... C'était plutôt étonnant. Les elfes étaient reconnus pour leurs capacités physiques, n'ont pas pour leur magie, et pourtant celui-ci avait été en mesure de sortir de son chapeau un sortilège de premier choix. J'allais devoir intervenir avec précaution si je ne voulais pas avoir à numéroter mes abatis, encore que je ne sois pas moi-même un piètre sorcier.

Tandis qu'elle convulse sous mes yeux ébahis, je décidais instinctivement de lui venir en aide. Après tout elle venait d'avouer plusieurs faits importants, tout en mettant en danger sa propre survie dans l'unique but de se montrer docile. Je me doutais que la faim avait dû être plus fort que tout pour obtenir ce résultat, mais je devais dans tous les cas lui reconnaitre ces récents efforts. La voyant hurler à plein poumons, en sautillant presque sur la table, je me décidais à intervenir. Écartant le sac de victuaille afin que la récompense ne soit pas perdue en vain. Je m'occupais dans un premier temps à placer la jeune femme sur le ventre, afin de pouvoir étudier le symbole en détail.


- Bien... Tâches de rester calme, je vais essayer de voir ce que je peux faire.


j'arrachais le sommet de sa robe, afin de pouvoir lire le signe en détail. Ne prenant même pas la peine de la prévenir, je me doutais que l'effet de la douleur serait de toute façon le plus important, et qu'un peu de nudité ne lui changerait pas grand-chose. Je me rapprochais alors du symbole, les yeux plissé dans une manœuvre d'étude détailler. Cette forme de cage... Et ces symboles très détaillées, incompréhensibles pour un profane. C'était de la sorcellerie de l'ombre  de très haut niveau, un sceau de négation. Elle avait été au-devant de gros ennuies en désobéissant aux ordres de son maitre et elle en payait à présent le prix. Grognant à voix basses devant la ruse de mon futur adversaire, je ne comptais pas m'avouer vaincue pour autant. Je déposais dès lors une main tendue sur le dos de la captive, illuminant celle-ci de magie de lumière. Le sort de sacrée eut pour but de diffuser dans son corps, un bien-être qui contrecarrerait au moins en partie, la souffrance infliger par le sceau. Après quelques secondes d'attente, je déplaçais doucement mais surement ma main sur l'ensemble de son corps, afin de lui faire profiter de ce traitement. La tâche n'était pas facile, et me demanda une bonne dose d'énergie mais une fois que la dernière lueur de sacré s'échappa de mes doigts, je pouvais dire sans sourciller que j'avais été en mesure d'apaiser cette pauvre âme de quelques souffrances inutiles.

J'attendais alors quelques secondes qu'elle réussisse à se reprendre, avant de lui indiquer avec calme et une certaine douceur, de reprendre sa place dans la chaise, reposant le sac face à elle, en le poussant du bout de mes doigts. Je me rasseyais en face d'elle. L'étudiant durant la suite des opérations, se jetterait elle sur la nourriture comme je l'avais imaginé.


- Bien. Je te remercie de ta sincérité et je prends en compte les efforts que tu as fournis pour me répondre. Je vois que tu as eu la malchance de tomber sur deux tortionnaires des plus capables. Quelles sont les limites de ce sort au juste ? Les domaines de ta vie que tu peux aborder sans avoir à souffrir, dis m'en plus.

J'évitais pour le moment de faire le moindre commentaire concernant les informations qu'elle m'avait fournies, après tout... Si je venais à appuyer une nouvelle fois sur ces domaines, elle aurait sans doute eu à subir une fois encore le châtiment de ses maitres. Je me devais pourtant d'apprendre plus en détail l'effectif de leur organisation.


- J'ai besoin de connaitre leur planque, leurs effectifs, et leurs projets. Une dernière chose, serais-tu capable de me prêter main-forte si le plan visant à leur capture devait t'impliquer ? Je ne te demanderais bien évidemment pas de venir en personne ou de t'en prendre toi-même à ton maitre actuel. Tu seras une sorte d'appât... C'est dans tes cordes ?

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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Sam 9 Juin - 20:01


La douleur était atroce pour l’Écorchée. Elle se souvint, dans un vague moment de lucidité, au beau milieu de ce chaos de souffrances pures, avoir déjà goûté naguère à des maux aussi intenses et de ne plus avoir cherché à récidiver après cela. Mais aujourd'hui était un jour complètement différent, une époque complètement différente, puisqu'il ne lui restait que très peu de temps à vivre et de trop basses probabilités de survie.
Au bout de quelques secondes, Odogara ne put retenir un second cri. Elle avait l'impression qu'on lui pressait un fer chauffé à blanc juste sous la nuque, et que la plaque ardente rencontrait maintenant les os de sa colonne vertébrale, sous la chair bouillonnante !
Les larmes se mirent à couler le long de ses joues, la Lycan n'y tenant plus. Sa respiration devint sifflante, instable, extrêmement gênante pour une créature de son espèce dont l'endurance vient souvent à manquer. Dans son délire, Odogara, les paupière closes et contractées par la douleur, crut bien voir apparaitre au beau milieu des ténèbres le faciès souriant et encapuchonné de Vortek. L'être maléfique et pernicieux se fendait d'un rire aussi sinistre que sa personne.
Le cri d'Odogara passa brusquement de la douleur à l'effroi.
Ses doigts relâchèrent un peu la pression sur le bureau d'Aamon et celui-ci parvint à l'en décrocher, avant de l’entendre sur le ventre à même la surface froide du meuble en question. Dans d'autres circonstances, l’Écorchée s'en serait senti vexée et n'aurait sans doute pas laisser passer ça de la part d'un autre homme que son maître, mais le sceau - ce maudit sceau! - continuait de briller et de la torturer. Il n'en avait de toute évidence pas terminer avec la Lycan ; la punition DEVAIT être à la hauteur de l'affront, sans quoi l'affligée recommençait à trop s'exprimer. Il était programmé ainsi, et qu'Odogara supplie par pensée quelque chose comme "Pitié, non ! Je ne le ferai plus ! Arrêtez !" n'avait aucune incidence, aucun impact, sur son cœur infernal qui déversait ses flammes depuis le sommet du dos meurtri de l’Écorchée.
Je vais... mourir ! Simplement parce que j'ai parlé... contre leur volonté ! Je vais mourir !
D'une poigne de fer, on lui arracha littéralement le haut de sa robe. Dans la tête de la Lycan, elle crut que c'était carrément le sceau qui le lui avait foutu en l'air tant il s'était mis à pulser à la surface de sa peau. La poitrine dénudée de la Lycan se pressa contre le bureau et celle-ci ressentit comme un frisson incongru, dû au passage brutal du chaud au froid sur une surface focalisée de sa personne, l'étreindre. Ceci ne fut que de courte durée, car le feu punitif revint à la charge, dévorant ses forces et sa résistance comme un bélier sur le point de défoncer les ultimes barrières d'une forteresse un jour de siège.
F-Faites... que ça s'arrête ! Peu importe si je meurs... S'il vous plait !
Le miracle eut lieu - au moins en partie. Une chaleur bienveillante, mais tout aussi intrigante, se propagea dans ses muscles, dans ses os, à même la surface de sa peau... partout ! Deux feux combattaient dans tout son être mais l'un d'eux s’amenuisait, s'épuisait, reculait... ou évitait l'affrontement ? Impossible pour l’Écorchée de s'en faire une idée précise, son esprit étant encore sous le choc. Par contre, le champ de bataille qu'était le corps de la Lycan finit par s’éclaircir, par se dégager, comme si la fumée des combats et les nuages de poussière s'étaient dissipés. Tout redevint calme et le sceau cessa de produire ses infernales nuisances.
Odogara, toujours étalée sur le bureau d'Aamon, sentit ses muscles se relâcher. La Lycan constata sommairement, pudique dans de bien étranges circonstances, qu'elle ne s'était pas fait dessus à défaut d'avoir transpiré abondamment par tous les pores de sa peau. Le bureau du colosse aux pouvoirs de lumière était passablement trempé sous le corps détendu de l’Écorchée.
Cette dernière, l'esprit blanc et vide, se laissa glisser sur sa chaise comme une vulgaire serpillère. Elle manqua même choir les fesses par terre mais, au lieu de ça, se rattrapa plus ou moins bien au bureau glissant grâce à ses deux mains.
A la prochaine crise, si mon cœur ne s'arrête pas en plein milieu, c'est mon corps entier qui se sera asséché...
Odogara mit un certain temps à se recomposer, comme elle prit une éternité à essuyer ses lèvres et ses yeux humides en se les frottant avec son poignet. Elle était lasse de souffrir. Lasse et effarée, mais ce second état n'était pas autant perceptible que le premier.
Aamon lui rappela sa présence en replaçant le sac en toile sur le bureau souillé. Odogara leva des yeux fatigués sur sa prétendue récompense et, bien qu'elle mourrait d'envie de l'ouvrir pour dévorer son contenu sans ménagement, les forces lui manquaient trop cruellement pour qu'elle puisse lever les bras. Il lui en restait juste assez pour soutenir une bretelle de sa robe déchirée contre son épaule en y pressant une de ses mains, et faire montre d'un minimum de pudeur en masquant par ce biais une partie de sa poitrine.
Odogara posa des yeux mous, lymphatiques, sur l'homme responsable de son interrogatoire. Celui-ci lui demandait à priori de nouvelles choses, mais l’Écorchée n'arrivait pas à biter exactement de quoi il pouvait s'agir. Son esprit nageait encore dans quelques résidus brumeux, vestiges de ses douleurs disparues...
Limite... ce sort...Domaines... vie... peux aborder... souffrir ?
Ce dernier mot réanima ses peurs. Odogara ne voulait pas souffrir. Elle voulait fuir la douleur ! Ses yeux s'arrondirent, en proie à un début de folie. Puis la Lycan traumatisée ramena ses genoux contre sa poitrine et les sera contre elle en les entourant de ses bras nus. La pauvre s'était mise à trembler comme une feuille. D'ailleurs, elle aurait préféré que les rouages de esprit ne se soient pas remis en marche à ce moment-là, car les vapeurs de confusion s'étaient volatilisés pour lui dresser un tableau effroyablement clair de ce que prévoyait de faire Aamon.
Odogara émit un gémissement plaintif, une supplique incompréhensible mais pourtant très forte. Nul besoin d'être un Empathe pour se douter, rien qu'en voyant la réaction de l’Écorchée, qu'elle craignait par-dessus tout de s'approcher d'Eviscéran et sa clique !

- N-non ! J-je... ne peux plus rien v-vous dire, expira-t-elle laborieusement. Ils le sauront et ils... et ils me réserveront un sort pire que la mort !

La terreur fut telle que, cette fois-ci, elle prit le pas sur la faim et la fatigue. Sans prévenir, frappée par une poussée d'adrénaline, Odogara bondit de sa chaise comme un félin, s'étala sur le flanc en se réceptionnant par terre, roula comme un tonneau poussé dans une pente et rampa dans un angle de la pièce éclairée par la lueur lugubre des torches fixées aux murs pour s'y immobiliser en boule, toute tremblante.
Elle avait l'air d'une petite fille perdue dans la forêt, trop apeurée pour être capable de faire autre chose que se réfugier dans un buisson à la protection trompeuse et attendre que l'épuisement la plonge dans un sommeil sans fin...
L’Écorchée se tenait aux portes de la Folie.

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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Sam 9 Juin - 23:59

Tête à tête.



Déception... J'avais beau m'attendre au pire, me dire que rien ne fonctionnerait comme cela le devait. M'attendre à l'incompétence, le parjure et bien souvent l'imbécilité. J'avais été une fois de plus, déçu par ma chère invitée. Était-elle idiote au point de croire qu'une simple petite scène comme elle venait de jouer serait suffisante pour calmer la fureur qui étreignait mes membres ? Le fait qu'elle n'eut même point l'envie de toucher à la nourriture que je venais de mettre en évidence sous ses yeux, me laissa cependant perplexe. La douleur avait peut-être altéré son jugement . Elle était recouverte de sueur, l'esprit ailleurs ne réagissant que partiellement à mes interrogations et mes remarques, peut-être n'avait-elle pas vraiment conscience la situation. Je venais tout juste de voir ce sceau à l’œuvre, et les pouvoirs qu'il renfermait avaient dû la frapper une paire de fois. Peut-être que cette énième punition lui avait rappelé ce qu'elle risquait en témoignant. Ça expliquerait au moins partiellement son manque d'intérêt pour la faim grandissante qui quelques secondes plus tôt l'avait faite lâchée prise. Je restais irrémédiablement sceptique, tandis qu'un bruit lancinant se dégagea d'Odogara, elle était une fois de plus en proie à des peurs incompréhensibles. Je commençais presque à croire que l'idée de l'abattre ici et maintenant m'aurait fait gagner du temps, mais je ne pouvais décemment pas agir sous la colère. Je tâchais de rester calme, en usant de toute la patience que j'avais puis découvre quelques secondes plus tard une scène d'acrobatie inespéré . Elle venait tout simplement de se terrer dans un coin de la pièce.

En boule, en proie à des craintes presque surnaturelles et le pire de tout c'est que je n'étais même pas responsable de cette situation qui frisait à présent le ridicule. D'ordinaire, j'étais l'objet des peurs, des craintes et du mépris. Je n'étais pas censé incarner le gentil monsieur qui venait panser vos blessures avec un petit bandage souriant. Non, j'étais, j'incarnais ! Le tortionnaire. Pourtant, je n'étais pas plus menaçant qu'un chat à cet instant. Déposant mes deux mains sur la table brusquement, accompagné d'un bruit sourd du bois. Je me relevais prestement pour mieux étudier la captive. La mine sévère, le regard noir... Qu'allais-je bien pouvoir faire pour remédier à cette situation inédite ? Je ne pouvais décemment pas la cogner, je venais tout juste de la soigner et quoi que je fasse, elle avait sans doute suffisamment de vécu pour subir un traitement de ce type. Un exercice un peu plus musclé impliquant une éviscération et des soins un peu plus brutaux . Non toujours pas, je n'aurais été à ses yeux qu'un monstre de plus et elle se serait refermé sur elle-même. C'était une coquille vide à l'heure actuelle, une créature livide qui devait être guidée, j'en aurais presque eu la larme à l’œil, si mon poing fermer ne m'inciter pas à la gifler séance tenante. Conscient que la situation n'était pas prête d'évoluer, je décidais de m'avancer vers elle d'un pas ferme et décidé. Gardant des distances raisonnables, afin de ne pas l'apeurer, je m'agenouille près d'elle, en maintenant mon regard sur son visage. J'essayais de rétablir un contact visuel, quelque chose qui me permettrait au moins d'apaiser partiellement ses craintes quant à la suite des opérations.


- Tu sembles particulièrement craintive. Saches simplement que tes propriétaires sont destinés à mourir. Cela fait des semaines que je suis à la poursuite de ce fauteur de troubles. Ils ont savamment orchestré des crimes qui ont porté préjudice à la tranquillité de la cité, et je ne laisserais pas passer cet affront. Tu penses qu'ils sont ceux que tu as le plus à craindre ? Ils ne feront bientôt plus partie de ce monde.


Je la pointais alors du doigt.


- Toi en revanche, tu es jeune. Tu as eu une vie désagréable et j'ignore même si tu es capable de m'entendre de te parler actuellement...


Je m'approchais alors d'elle, en me saisissant de sa tête, la rapprochant de la mienne pour capter toute son attention.

- Je sais que tu n'as aucune raisons de me faire confiance, et je sais que tu es habitué à ce qu'on te trahisse à la moindre occasion. CEPENDANT ! Penses-tu que ton propriétaire sera clément avec toi une fois qu'il découvrira qu'Aamon Lupercal, a été en mesure de mettre la main sur toi ? Il a sans doute pour projet de te tuer, tu ne pourras pas lui échapper mais tu peux m'aider à le faire disparaitre et obtenir ton salut dans le même temps.


Je la relâchais alors, lui laissant le temps de reprendre un peu après cette longue tirade, tout en terminant.

- Je connais des personnes suffisamment doué dans la magie de l'ombre pour trouver une solution à ton problème. J'ai le pouvoir de te protéger, libre à toi de le refuser. Un mot de toi et je te relâche dans les mains de ton maitre, c'est vraiment ce que tu veux ? Souviens-toi Odogara, la mort, ou la vie ?

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MessageSujet: Re: Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]   Dim 10 Juin - 15:30

Les épaules d'Odogara tressaillirent quand les mains d'Aamon claquèrent contre la surface plane de son bureau. L’Écorchée n'eut ni l'audace ni le courage de lever les yeux sur le colosse ; elle se contentait de serrer son visage blême contre ses genoux pour ne plus avoir affaire à la réalité.
Elle ne devenait pas folle, non : c'était le monde autour d'elle qui le devenait !
Depuis son dernier échec et son semblant de liberté, tout allait à vau-l’eau. Oui, depuis ce jour, ça vie n'était que fuite et survie, rien de plus. Burnagore ne lui avait pas vraiment rendu service, en fin de compte. Elle non plus ne s'était pas rendu service, puisqu'elle n'avait pas été capable d'escalader les murailles de Silit pour goûter à la vraie liberté. Du coup, maintenant, elle se tenait complètement recroquevillée dans l'angle d'un souterrain qui exhalait l'humidité... en compagnie du garde du corps de la reine en personne, chargé de son interrogatoire pour mettre la main sur son maître et ses hommes de main.
Odogara tremblait toujours, et ce n'était pas à cause de la température ambiante.
Elle entendit la seule personne qui se trouvait dans la pièce avec elle s'approcher de son triste recoin et se positionner à sa hauteur.
Là encore, la Lycan n'osa pas lever les yeux. Ce fut son ouïe qui travailla le plus et qui, malgré la confusion de ses pensées, lui restitua la déclaration ferme et décidée de son interlocuteur imperturbable.
Ils vont tous mourir, mais pas à cause de moi... et de mon échec ? ...Il savait tout... ou presque tout ? Mais il a toujours besoin de preuves... d'informations supplémentaires. Et c'est pour ça qu'il ne m'a pas encore tuée. Est-ce... vraiment vrai ?
Elle réprima un sanglot, l'esprit à chouïa plus clair.
Je fréquentais des morts en sursis. Je suis l'esclave et la soumise... d'un futur cadavre ?
La captive secoua la tête. Jusqu'alors fixée dans ses cheveux délavés, la tête de fleur - la primevère - chut sur la pierre nue. Odogara s'empressa de la ramasser et de l'enfermer dans sa main après l'avoir brièvement observée, comme pour voir si elle allait bien - au moins mieux qu'elle.
"Toi en revanche, tu es jeune[...]" avait repris Aamon, et ses paroles se superposèrent à celles, pleines de gaieté, de la vieille fleuriste : "[...]elle symbolise la jeunesse et le renouveau, très chère".
Odogara cligna des yeux, comme si on avait jeté un peu de combustible sur la flamme chancelante de son esprit à l'agonie.
"...capable de m'entendre te parler actuellement..."
Et au moment où la Lycan relevait lentement le menton, son interlocuteur lui prit la tête par les joues pour la regarder bien en face des trous et lui faire un topo de ce qui l'attendait depuis qu'il la tenait entre ses griffes.
Le verdict était simple ; l'objectif clair et précis.
C'était tuer ou être tuée.
Accepter une fin aussi tragique que douloureuse ou bien chercher à obtenir son salut, par tous les moyens possibles.
Quitte à devoir cracher sur l'autorité de mon maître. Quitte à devoir... supporter la morsure punitive du Sceau ?
Était-il venu l'heure pour elle de tirer sur sa laisse, voire même de la ronger pour pouvoir s’en libérer ? C'était une perspective diablement effrayante ! La pire épreuve que le destin lui avait imposé depuis sa naissance. Ou peut-être pas... car elle se souvint de la mort de son demi-frère. Du trépas de Garon, et du goût de la viande de son cou sanguinolent qui tombait au fond de sa gorge pour rejoindre son estomac et s'y convertir en nouvelles forces.
Elle en eut un haut-le-cœur comme souvent auparavant, serrant la fleur décapitée dans le creux de sa main droite.

- Mais je..., baragouina la Lycan, hésitante.

Puis on lui promit de faire, par la suite, ce qui était nécessaire pour la débarrasser de son Sceau d'Asservissement - si tant est que cela s'avérait réellement possible : ce dont Aamon n'avait pas l'air de douter un seul instant.
C'était là une récompense que lui fournirait ce grand homme pour ses efforts et sa coopération. Un réconfort en lequel elle avait cessé de croire depuis bien des années.
S'abandonner à la peur et se laisser dépérir, ou bien combattre et souffrir pour... en atténuer les futures souffrances ?
Face à ce début de pensées rebelles, le sceau se remit à lui chauffer la nuque de manière désagréable. Un avertissement, un rappel à l'ordre... qu'elle se fit fort d'ignorer. De passer outre, non sans serrer les dents.
Plus que ne pas souffrir du tout, Odogara voulait...

- Je ne veux pas mourir, répondit-elle, son visage un peu moins pâle tourné vers le colosse. Comment pensez-vous... que je pourrais vous aider ? Vous aviez parlé... d'un appât ? ...Que suis-je censée faire ?

Mais avant qu'Aamon ne puisse prononcer le moindre mot, l'estomac de l’Écorchée, moins perturbé par l'étau de la peur dans lequel il était enfermé, produisit un *Brouiiiiirlglglhhh...* sifflant.
Odogara laissa retomber ses jambes, les étendant sur le sol froid, pour baisser les yeux sur son ventre vide. Elle omit complètement de couvrir sa poitrine dénudée, combler sa faim étant manifestement redevenu sa priorité.
Ses prunelles de rubis, un peu plus vivifiées, se posèrent sur le sac de victuailles, heureusement intact, qui trônait encore et toujours sur le bureau d'Aamon...

- ...Faim... S'il-vous-plait ?

Elle tendit un doigt vers la lourde table en bois...
C'était une vision pathétique qu'elle offrait de sa personne en quémandant ainsi. Mais une vision moins pathétique que le précédent spectacle de misère qu'elle avait offert à l'ex-général en se terrant dans un coin de la pièce.
Il fallait bien passer par là pour qu'elle parvienne à se requinquer.

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Tête à tête à huis clos. [PV Odogara]
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