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 Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.

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Odogara

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Date d'inscription : 09/05/2018
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MessageSujet: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Mer 9 Mai - 23:34

Oeil-De-Sang
Odogara
Groupe : Esclave.
Âge : 22 ans.
Race : Lycanthrope Divergente (ou écorchée).
Métier : Esclave.
Orientation sexuelle : Bisexuelle.

▬ ft. personnage de Magi : The Labyrinth of Magic

Nom complet : Odogara Œil-De-Sang
Groupe : Esclave
Signes distinctifs : Sa chevelure flamboyante et ses yeux couleur rubis. Son léger mètre soixante six et sa manie à poser son poids sur la pointe de pieds quand elle est assise ? Ou bien... le sceau d'asservissement guère esthétique gravé dans sa chair, entre ses omoplates et sous sa nuque, qu'elle abomine tant ? Faites votre choix !
Ah, j'oubliais sont absence totale de poil et de duvet, qui lui a valu huées et quolibets au sein de sa meute. Ainsi que... les quelques particularités liées à son apparence de « louve », bien sûr, qui lui octroient un air de chien des enfers à la musculature proéminentes, aux os de sa large queue saillante.
Une transformation aussi écœurante que puissante mais qui n'est pas sans mal pour Odogara, loin de là...

Cela pourrait vous sembler paradoxal mais Odogara est une boule de nerf qui a fini par apprendre à se contenir. Dans sa prime jeunesse, alors qu'elle n'était qu'une toute petite gamine innocente incapable de se transformer, Odogara avait déjà un caractère de chien. Elle n'aimait pas partager ses jouets avec les autres. Son temps, Odogara le passait plus avec son demi-frère et sa mère qu'avec le reste de la meute, les enfants de son âge ne l'intéressant pas - c'était assez réciproque, les autres gamins le lui rendant bien.
Il lui fallut un sacré bout de temps pour se socialiser... et seulement quelques petits instants pour finir par tomber dans gouffre de solitude de plus en plus profond quand les siens eurent un simple aperçu de sa véritable apparence.
Suite à toutes ces mésaventures, la Lycan si particulière a fini par préconiser la prudence sur tout le reste en matière de relation. Jusqu'à ce que sa vie prenne un nouveau tournant, plus chaotique encore, et en fasse une soumise. Une soumise, certes, mais souvent bien incapable de mâcher ses mots dans les situations insolites.
Toutefois, le comportement d'Odogara n'a de cesse d'évoluer. Son vécu impacte grandement sur ses décisions. Ses sentiments sont pour la plupart du temps très confus, bridés ou falsifiés par le sceau gravé dans son dos, mais le subconscient de la Lycan rousse s'efforce de les pousser à la surface à défaut de les étouffer.
En revanche, s'il y a une chose qui ne changera jamais, c'est bien son amour pour sa mère - la seule qui ne l'a jamais aimée dans ce monde impitoyable ! Alors quand vous vous tenez en compagnie d'Odogara, la première règle consiste à ne jamais parler en mal de sa précieuse mère. Ô grand jamais ! Gardez bien ça en tête.

Il régnait un boucan à faire s'écrouler les murs de pierre dans l'enceinte de cette arène Orc, dépourvue de tout esthétisme. Ses occupants brutaux et massifs, pour la plupart debout alors qu'ils disposaient tous, sans distinction aucune, d'une bordure de pierre circulaire où s'asseoir, beuglaient des encouragements gutturaux à l'attention des combattants qui se démenaient pour survivre... ou pour obtenir la gloire auprès des leurs, l'arme à la main.
L'affrontement du jour ne brillait pas par son équité et Eviscéran, l'un des rares spectateurs assis, observait d'un œil critique ce jeu que la moitié des siens adorait contempler. Mi-Orc mi-Elfe noir, le sombre métisse, à l'épaisse carrure et aux cheveux blanc coupés à ras, ne partageait pas tous les mœurs de ses ancêtres. Il ne retirait guère grand plaisir à voir des Orcs se faire labourer les chairs dans une arène aussi étroite et miteuse que celle-ci, tout comme il ne prenait pas autant de plaisir que son collaborateur - ô combien plus sinistre et plus machiavélique que lui - à éplucher les ouvrages en rapport avec la magie noire. D'ailleurs cette personne-là, un Elfe à la peau aussi grisâtre que de la roche volcanique, siégeait silencieusement à ses côtés, la ligne de ses yeux mauves et malsains à demi-couverte par le capuchon de sa toge rapiécée... un vêtement qui sous-entendait : « Daignez m'emmerder, et je vous maudirai. » Le sinistre personnage baptisé « Vortek » - ou auto-nommé comme tel, Eviscéran lui-même n'en était pas sûr - regardait avec impassibilité, par-dessus le crâne dégarni d'un Orc endormi sur la place de devant, l'affrontement qui avait lieu sur le petit carré de sable qui faisait figure de champ de bataille.
Au départ, Eviscéran avait embauché ce sorcier pour des raisons purement pratiques... avant de remarquer à quel point ce dernier brillait par son intellect, son manque d'empathie, et sa magnanimité. Ce trio de qualité avait fini par lui valoir un salaire rehaussé et une place de conseiller privilégié.
Pour ne pas faire tâche dans le décor, à l'inverse du mage occulte dont la tête, les épaules et les mains étaient couvertes d'une fine couche de tissu troué qui donnait vaguement l'impression à des observateurs soupçonneux d'avoir été fraîchement retiré d'un cadavre, Eviscéran était affublé d'un harnais de cuir qui mettait largement en valeur sa grande silhouette. Il portait un bas assorti avec des genouillères et des protèges-tibias recouverts de pics. Ces vêtements, le Demi-Orc ne les chérissait pas ; il se contentait de s'en équiper pour éviter les reproches, inutiles et déplaisantes, susceptibles de lui être balancés par ses demi-congénères.
Les Orcs se plaisent bien trop à verser leur sang, pensa-t-il en secouant imperceptiblement la tête. On ne peut rêver mieux pour se salir.
Comme si son conseiller avait lu dans ses pensées, la voix fantomatique de Vortek se glissa de façon presque surnaturelle parmi les vociférations crachées par le voisinage Orc :

- Tu fais semblant d'être à ta place, Eviscéran... Pourquoi perdre de notre temps dans cette enceinte puante ?

Eviscéran, les bras croisés sur sa poitrine musclée, jeta discrètement un coup d’œil à la ronde et constata avec un léger soulagement que nul autre que lui avait entendu son acolyte critiquer l'odeur pestilentielle - il fallait bien l'admettre – qui imprégnait jusqu'aux murs de cet endroit malfamé.

- Il faut savoir se salir les bottes jusque dans le trou du cul du monde quand on compte mettre la main sur de la bonne marchandise, répondit-il en lui décochant un regard en coin.

L'hybride remarqua sans surprise que son interlocuteur ne souriait pas. Celui-ci avait beau dire mais son regard ne s'était pas détaché un seul instant des combattants qui misaient leur vie ici-bas.

- Et qu'entends-tu par de la « bonne marchandise » ? s'enquit sagement Vortek. Dans cette fosse à purin, il n'y a rien que des barbares sans cervelle et des prisonniers de guerre en sursis qui se baignent dans un océan de crasse.

Eviscéran eut du mal à réprimer un sourire... non, en fait, il n'y parvint pas. Ses défenses, plus courtes que celles des Orcs au sang pur, se firent un peu plus visibles.
Décroisant momentanément ses bras musclés, il leva une main dans un geste évasif avant de reprendre la parole de sa voix à mi-chemin entre une douce mélodie et un chant de guerre brute :

- Mon brave, Vortek, commença le gérant de leurs petites affaires. Tu n'es pas sans savoir que mon instinct de chasseur de trésors n'a pas son pareil dans ce monde corrompu, n'est-ce pas ? Alors fais taire ton scepticisme et contente-toi d'observer ceux qui se débattent sur ce sable gorgé de sang...

Intrigué, l'Elfe-Noir tourna la tête vers son puissant collaborateur. Il fronça les sourcils à son attention... et fit montre d'un plus grand scepticisme encore.

- Toi, tu sembles avoir eu vent de quelque chose que j'ignore... Accouche ; je déteste les surprises.

Eviscéran ricana un instant, puis reprit soudain son sérieux, ses prunelles brunes tournées en direction de l'arène alors que les spectateurs acclamaient l'ardeur des participants au « jeu ».

- Seulement les mauvaises. Comme tout le monde. Tiens ! Regarde, dit-il en pointant du doigt une fille à la chevelure mi-longue aussi rouge que le sang. C'est de ce genre de « produit exotique » dont je raffole.

Au beau milieu de ce charivari mené par le tintement des armes, par les cris intarissables des spectateurs et par l'agitation des guerriers, le mage noir peu convaincu retourna à son insipide contemplation et aperçut...


...La jeune fille à la chevelure rouge, vêtue de vulgaires guenilles, pieds nus sur un sable brûlant où le soleil dardait ses impitoyables rayons. Dans cet espace ouvert, tout le monde suait, tout le monde puait. Tout le monde saignait. Mais tout le monde n'en avait cure et n'y faisait guère attention ; la survie passait avant tout. La gloire pour les guerriers qui s'étaient volontairement jetés dans ce bourbier sanglant, certes, mais surtout la survie pour les prisonniers de guerre, comme ce brin de femme et son frère.
Deux Lycanthropes. Deux âmes captives. Deux membres d'un même clan et d'une même famille. Mais également deux opposés sur bien des points...
Aux pieds du jeune mâle à la crinière aussi sombre que longue chut un Orc, dont le corps s'affala lourdement dans le sable, la gorge en sang. Ce même sang goûtait des doigts griffus de son adversaire impitoyable, tandis que la sœur de ce dernier était, de son côté, rudement occupée à faire face à la mort.

- Qu'est-ce que tu fous, imbécile ?!
jura-t-il. Tranche-lui les jarrets et bouffe-lui la gorge, qu'on en finisse ! Raaaah, putain ! Toujours à traîner quand il paraît si simple de faire les choses bien...

Odogara recula d'un bond devant une lame plus large que son torse tout en faisant de son mieux pour ignorer les invectives de son diable de frangin.
Demi-frère. Pas frère, songeait-elle pour lui accorder un semblant d'excuse.
L'Orc en face d'elle s'épuisait ; il avait la peau brune qui perlait abondamment de sueur, et dépensait beaucoup plus d'énergie à se déplacer que la jeune Lycan. Mais l'ennui était que ce titan combattait aux côtés d'un autre, un chouïa plus véloce et tout aussi brutal que lui.
Odogara Oeil-De-Sang abominait les Orcs. Cette haine qu'elle ressentait à leur égard ne la changeait toutefois pas de son quotidien : son propre clan la détestait pour ses... particularités. Odogara avait donc tout naturellement appris à détester ceux qui la détestaient. Logique, n'est-ce pas ? D'autant plus que depuis quelques longues et dangereuses journées, la fille aux cheveux flamboyants vivait - ou plutôt survivait - en tant que prisonnière de guerre dans une cage aux épais barreaux d'acier, juste à côté de celle de son désagréable demi-frère, Garon Oeil-De-sang - aussi surnommé Garon L’Orgueilleux.

- Je fais ce que je peux, grand-frère ! geignit Odogara en évitant un coup de hache à l'horizontale, puis un autre, successif, à la verticale. Ils sont deux, lui fit-elle remarquer, non sans glisser entre les jambes écartées d'un de ses assaillants.

- Ne m'appelle pas « grand-frère » ! s'insurgea Garon qui, de son côté, était tranquille puisqu'il en avait terminé avec feu ses adversaires.

Odogara le savait bien : son demi-frère ne la considérait pas comme un membre à part entier de sa famille, tout comme aucun Lycan de son clan ne l'acceptait dans leur clan. Mais Odogara ne ratait jamais une occasion de ramener le méchant Lycan avec qui elle avait des liens filiaux à la cruelle réalité.
Les deux engeances ne provenaient certes pas du même ventre mais bien du même père.
Toujours en rage, Garon ne fit pas mine d'aider sa jeune sœur. Cette seconde n'en fut pas vraiment gênée : profitant de sa judicieuse glissade, elle lacéra l'arrière des genoux d'un Orc avec ses griffes - qui ne lui sortaient pas uniquement de l'extrémité de ses doigts mais aussi d'entre ses métacarpes - avant de se mettre dans l'idée de s'attaquer à son cou. La Lycan s'en abstint néanmoins, avisant la lame d'une hache prête à lui arracher le buste en deux parties asymétriques si elle ne l'esquivait pas de suite ! Suite à un autre de ses bonds salvateurs, l'attaque lui fila sous le nez pour finalement faucher la tête de l'Orc aux genoux meurtris. Hurlant comme une louve, Odogara profita du déséquilibre de ce meurtrier en puissance pour grimper dans son dos et lui plonger ses griffes en pleine nuque. Le monstre au faciès porcin laissa ses genoux s'enfoncer dans le sable avant de s'écraser dedans de tout son long.
La vainqueur haletante se réceptionna à l'aide d'une roulade. Quand elle leva les yeux sous les clameurs de la foule barbare, ses prunelles rougeoyantes se posèrent sur le visage grave de son frère. Ses vêtements pathétiques, déchirés, lui collaient à la peau mais sa silhouette, indéniablement plus fine que les Orcs et amaigrie par les mauvais traitements subis, demeurait droite. Odogara remarqua avec un certain train de retard qu'ils étaient tout deux recouverts de sang. Et pas seulement de celui de leurs adversaires. Hématomes et entailles tapissaient le corps des deux survivants et ce bref moment de répit, accordé par la fascination et les clameurs des fous des combats, atténua les effets de l'adrénaline au point qu'Odogara en ressente les maux jusque là accumulés.
Une nouvelle journée qui se termine par un bain de sang. Pas de récompense. Pas de liberté... Juste un nouveau sursis. Quoi de plus normal ? Nous ne sommes rien de plus qu'une attraction à leurs yeux !
Ce fut alors qu'Odogara, surnommée Sans-Poil par les siens à juste titre, sentit un frisson de mauvais augure lui filer la chair de poule. Un coup d’œil sur son demi-frère suffit à lui faire comprendre qu'il ressentait un mal à l'aise à peu de choses près identique au sien - lui, contrairement à sa sœur, disposait de poils et était donc exempt de cette écœurante particularité. Le stress ressenti par ce dernier était tout de suite plus ostensible...


Alors que le champs de bataille étroit n'était plus qu'un charnier dénué d'animation, une voix autoritaire s'éleva, demandant le silence, et l'obtint plus rapidement que ne l'aurait cru possible Eviscéran. A sa connaissance, les Orcs purs ne brillaient pas pour leurs capacités à obéir et encore moins pour leur jugeote. Le Demi-Orc s'estimait donc secrètement heureux de ne pas partager la faiblesse de sa moitié raciale. Une faiblesse caractérielle endiguée par sa seconde moitié, plus sage... mais plus tordue et obscure.
Bref. Eviscéran reconnut, une fois le brouhaha ambiant interrompu, l'élocution puissante et parfaitement assurée propre à l'organisateur de cet événement barbare. Un Orc plus charismatique que brutal, ça ne courrait pas les rues, Eviscéran le reconnaissait sans ressentir ni gêne ni culpabilité.
Le propriétaire incontesté des lieux, Garlash, reconnaissable autant par son intonation sans pareil que par la coûteuse peau de bête zébrée qui recouvrait ses larges épaules à la manière d'un châle, fit donc, non sans écarter les bras, son annonce à la cantonade :

- Amis Orcs, visiteurs incongrus et autres joyeusetés de l'étranger.... heureusement peu nombreuses ! D'un bref coup d’œil, Eviscéran constata avec un soupçon d'étonnement que Vortek ne se sentit pas offusqué par cette charade. En ce jour, vous m'avez accordé votre confiance ; vous espériez, en posant pied dans ces tribunes, assister à des combats mémorables. D'autres organisateurs, bien moins clairvoyants et altruistes que moi..., Eviscéran n'eut guère besoin de tendre l'oreille pour entendre des rires graves et incrédules jaillir des quatre coins des tribunes de pierre. ...Auraient interrompu les sanglantes festivités sur une conclusion de cet acabit. La foule gronda sa désapprobation à cette seule perspective. Mais pas moi ! rugit Garlash en brandissant fièrement le poing.

Au beau milieu des acclamations, Eviscéran remarqua, en baissant les yeux sur les deux survivants, le semblant d'agitation qui commençait à s'installer. La jeune femelle rousse hésita l'ombre d'un instant, puis esquissa un pas en retrait tandis que le mâle s'était figé, ses prunelles noires braquées sur Garlash. Celui-ci sourit en croisant le regard du Lycan. Un sourire empli de satisfaction qui fit trembler d'horreur la plus jeune du lot.

- C'est pourquoi, sous vos yeux ahuris, aujourd'hui... nos deux victorieux Lycans vous se battre l'un contre l'autre ! Le gagnant... Eh bien, fit-il d'un moulinet de sa grosse paluche aussi éloquente que sa bouche aux défenses proéminentes, se verra attribué le droit de tenter sa chance le lendemain. Un jour de plus en ce monde, ça n'a pas de prix, n'est-ce pas ?

Certains - dont Eviscéran - trouvèrent cette prétendue récompense sacrément dégueulasse. D'autres, comme Vortek, y virent une sorte de créativité aussi morbide qu'amusante. Mais personne ne prit la peine de parler au nom des Lycans. Personne n'osa s'y résoudre. Garlash ne se gênerait pas pour interrompre les jeux si l'envie de se faire bien comprendre sur le destin tragique de ses captifs lui traversait l'esprit. Le message était on ne peut plus clair : dans son cloaque barricadé et tapissé de sable, les prisonniers venaient, combattaient... puis mourraient ni plus ni moins.
A moins qu'un acheteur ne tente de marchander ! Auquel cas il fallait attendre la toute fin, à savoir juste avant que le coup de grâce ne soit porté. Mais manifestation ou non d'un désireux de se faire un ou deux esclaves - jamais plus -, le combat, lui, avait toujours lieu.
Eviscéran grinça des dents. Vortex entendit sans mal ce bruit des plus désagréables, reconnaissable entre mille autres...

- J'ai l'intime conviction que, sous peu, la marchandise que tu convoites risque fort de finir en pièces détachées, le chatouilla-t-il. Mais quel dilemme ! Dans l'état - oui, même en sang de la tête au pied - ces deux-là vont te coûter une petite fortune. Ce Garlash à une gueule d'avare. Alors dis-moi, « Chasseur de trésors »... quelle sera ta décision ?

Nullement ébranlé par la très probable fin du duo Lycanthrope, Eviscéran secoua la tête avec force assurance.

- Je ne suis pas un prophète, déclara-t-il. Comme une bonne partie de mon entourage, la décision de Garlash envers ces deux-là me révolte. Mais comme tous les spectateurs ici présents, je n'en ai pas encore assez vu. Aucun des deux Lycans ne s'est transformé... Peut-être que s'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes, ils seront épargnés.

Vortex secoua la tête.

- Ton optimisme putréfié me donne la nausée, répliqua-t-il. Tu aurais pu me répondre tout simplement que tu n'as pas les moyens de les acheter sans disposer d'un prix au rabais. Là, tu me donnes plutôt l'impression d'avoir peur de me décevoir car tu viens de nous faire perdre du temps. Et le temps, c'est de l'argent.

Contre toutes attentes, - y compris celles de l'Elfe Noir encapuchonné - son locuteur pouffa de rire. Eviscéran le gratifia ensuite de son sourire le plus taquin en ajoutant :

- Vraiment ? Un lueur d'amusement éclaira ses yeux sombres. Tiendrais-tu à parier qu'on ne repartira pas les mains vides ?

- …Combien ? s'enquit Vortek, davantage intéressé par le goût du risque que par le gain.

Le Demi-Orc lui proposa un prix suffisamment impressionnant pour lui faire hausser ses longs et fins sourcils. Après quoi, sous la mine pantoise du sorcier, il tendit la main pour sceller ledit pari.
Vortek, immobile, fixa un moment son collaborateur droit dans les yeux avant de se décider à la lui serrer. Sa poigne fut... métallique, les deux mains de l'Elfe-Noir n'existant plus suite à un malheureux incident. Après quoi elles eurent été remplacées par des membres en acier sombre recouverts de diverses runes.
Eviscéran évacua un soupir faussement désabusé avant de lui lâcher la paluche.

- Pour ce que ça vaut avec une prothèse.

- Je t'emmerde, répondit Vortek d'un ton détaché. Elles fonctionnent très bien. Certainement mieux que ton putain de cerveau atrophié ; tu viens de perdre gros.

- Ça c'est ce qu'on va voir...

Il détourna son attention de l'Elfe-Noir pour la focaliser entièrement sur le duel en devenir. Un duel qui, selon toute vraisemblance, peinait à se lancer.
Prouvez-moi que vous en avec plus dans le pantalon que Vortek le pense.


Odogara n'en croyait toujours pas ses oreilles. Elle avait forcément mal entendu ! Probablement en raison des beuglements allant toujours croissant de cette armée de visages porcins. N'y avait-il pas eu assez de morts en cette sale journée ? Garlash le Joueur leur en demandait pourtant davantage... Pleurait-il intérieurement ses pertes en matière d'Orcs ? Éprouvait-il une rancune si féroce à l'égard de ses jouets meurtriers ?
Reculant d'un énième pas mal assuré, la Lykan tremblotante trébucha et tomba sur les fesses.
Elle détestait son demi-frère, certes, mais pas au point qu'ils règlent leurs comptes dans un combat à mort !

- Grand-frère..., commença Odogara. Tu ne peux pas... On ne peut p-

- Ferme-là avec tes « grand-frère » ! cracha-t-il, les muscles de son dos tendus et ses poings tâchés de sang orque serrés à l'extrême.

Odogara sursauta. La voix de son frère lui parut plus forte, plus puissante que de coutume. Si bien qu'elle y perçut un trouble, une anormalité à laquelle elle s'accrocha de toutes ses forces comme une naufragée agrippant fermement un débris flottant.
Ce duel ne réjouissait pas non plus Garon, et Odogara y entraperçut une mince lueur l'espoir.
Après tout, pourquoi se battre ? Le gagnant ne serait même pas libre ! Mener cet affrontement insensé ne leur servirait absolument à rien. A l'inverse, si jamais ils unissaient leurs forces, devenaient ce qu'ils étaient réellement, ils pourraient peut-être s'échapper de cet endroit et...

- D'a-accord... Mais nous n'allons pas nous battre... dis ? voulait-elle se rassurer. Papa ne le tolérerait pas... et moi je ne le veux pas... et toi tu...

Bien que tout juste redressée sur ses deux jambes chancelantes, elle ne put retenir plus longtemps ses larmes et éclata en sanglots.
Garon, jusqu'alors dos à sa sœur pour fixer intensément et avec force rage le diabolique Garlash, fit volte-face et administra une gifle magistrale à la concernée qui, subjuguée, lâcha un cri en s'affalant dans le sable.

- Père n'en a rien à faire que tu meurs loin de sa vue ! Père t'a épargné jusqu’ici parce qu'il est trop superstitieux... Il te déteste tout autant que les autres. Tout autant que moi... Non, c'est faux, dit-il en regardant la paume de ses mains souillées de sang, avant de les refermer subitement. J'ai appris à te détester plus encore. Et aujourd'hui... il est temps pour toi de réparer les erreurs dues à ta naissance... les erreurs dues à ton existence même ! Oui... il est temps de voir si cette histoire de malédiction est véridique, ou si elle n'est que pure invention comme je tends à le croire.

Il avança d'un pas et Odogara, une main pressée contre sa joue rougie, les yeux gros comme des soucoupes, trempés de larmes, se traîna en arrière, ses fesses creusant un sillon de la taille de ses hanches dans le sable brûlant.
Elle leva une main pour implorer sa pitié, refusant toujours de croire à l'absurdité de cette funeste décision...

- N-non ! Il ne faut pas ! Arrête ! Je t'en prie ! Gran-... Garon ! J...Je n'ai jamais rien fait pour mériter ça !

Au fond d'elle, Odogara le savait : son grand-frère, aujourd'hui si mauvais et détestable, n'avait pas toujours été aussi haineux à son encontre. Elle se souvenait très bien des bons moments passés à ses côtés, des plaisanteries innocentes qu'ils avaient échangés étant petits, de leur quotidien rempli de bonheur... avant qu'une vieille légende sortie des abysses de la conscience d'un vieux Lycan vienne lui pourrir la vie de façon drastique. Depuis ce jour maudit, Odogara regrettait amèrement de s'être transformée pour la première fois de sa vie, d'avoir adopté sous les regards écœurés et hallucinés de la meute cette forme répugnante...
En conséquence de cela, elle se détestait bien davantage que son frère ne pouvait l'imaginer. Tout comme lui, elle avait été influencée par la pensée commune.
Odogara était en plein blocage ; comment pouvait-elle lever la main sur son frère qui l'avait en horreur pour une raison... qu'elle approuvait ?
Garon interrompit son avancée à un pas de sa sœur, au moment où le dos de cette dernière heurta le cadavre éventré d'un Orc.

- Tu n'as rien fait pour mériter ça, proclames-tu ? Ha ! Laisse-moi rire, Odogara. Dois-je te rappeler à cause de qui nous avons tous les deux été capturés ?

- Je ne voulais pas vous gêner face aux Orcs... Je voulais les affronter seule, répondit-elle piteusement en baissant les yeux. Je me suis enfuie pour cette raison !

Mensonge ou vérité ?
Garon secoua la tête, levant sa main droite qui se recouvrit d'une fourrure raide et sombre.
Il savait parfaitement comment exciter la morgue de son incorrigible demi-sœur. Il ne la connaissait que trop bien, elle et sa corde sensible. Oui, il savait parfaitement comment démolir cette toile de liens sentimentaux dans lequel elle s'était empêtrée !

- Tu n'y es pas, petite sotte. Il articula soigneusement la suite, prononçant chacune des syllabes avec un plaisir malsain : La responsabilité en incombe à ta mère.

Odogara contempla son frère, puis les longues griffes acérées qui remplaçaient désormais ses doigts pour finalement revenir sur son visage tordu par un rictus macabre.
La Lycan fronça les sourcils et ses pupilles rouges commencèrent à s'emplir d'un étrange mélange orangé, comme si elles s’imprégnaient de cuivre fondu.

- Je... t'interdis de parler d'elle comme ça... Maman n'a jamais... n'a jamais...

Elle ne termina pas sa phrase, ce qui révulsa d'autant plus le demi-frère aux intentions de tortionnaire.
La foule s'impatientait, hurlait son mécontentement. Garlash s'était levé de son siège pour observer la scène d'un œil critique, bien disposé à imposer d'un simple signe de la main à ses employés l'exécution des deux Lycans à coups de haches.
Garon avait tourné la tête suffisamment longtemps pour le constater du coin de l’œil. Il reprit avec la méchanceté idoine :

- ...N'a jamais quoi ? Offert son corps au chef de la Meute afin d'obtenir ses grâces ? Quelle stupide catin ! Elle qui a fini par accoucher d'une créature dépourvue de pelage... En fait, à bien y réfléchir, c'est vraiment cette garce la responsable de notre malédiction ! Il termina à haute-voix, la griffe dressée au-dessus de sa tête : Une fois que je t'aurai tuée et que je serai libre, j'irai personnellement lui rendre une petite visite... POUR LUI ARRACHER LES ENTRAILLES !

La griffe retomba au moment où Odogara lâcha la bride à sa rage enfouie.
Elle retrouva inconsciemment l'horrible créature qu'elle s'était efforcée de refouler, de garder au chaud en vue de fuir cet univers impitoyable avec Garon. Un projet irrémédiablement avorté ; en un éclair, la Lycan plongea sous le bras de son adversaire et lui lacéra les cottes de sa double paire de griffes en forme de crochets.
Odogara pivota sur un pied pour se retrouver à un pas du dos de son demi-frère. Ses prunelles totalement jaunes le fixaient avec une colère palpable et ses cheveux, auparavant rouges, avaient instantanément blanchi. Des veines saillaient sous la chair de ses joues rougies et remuaient comme des vers. Le même phénomène se produisit le long de ses bras, sous ses manches déchirées par la violence des derniers combats.
Toutes ces provocations... C'en était trop ! Odogara chérissait sa mère plus que tout au monde pour une excellente raison : nul ne l'avait jamais plus aimée que cette dernière.

- Tu ne salueras plus personne une fois que je t'aurai EVISCERÉ ! hurla la mutée. Dis adieu à ta liberté... et à ce qui pend entre tes jambes !

- Voilà un bon début, petite monstruosité ambulante ! rugit gaiement Garon en faisant fi de ses entailles sulfureuses aux côtes.

Il tut la douleur dans l’œuf en prenant sa forme de Lycanthrope... Enfin disons plutôt qu'il l'a remplaça par une autre, plus violente et plus sourde. Assez pour qu'il ait l'impression de sentir la moindre parcelle de sa peau transpercée par des aiguilles, ses fibres musculaires étirées de manière disproportionnée et ses os à la fois brisés et recollés en de multiples endroits.
Sous sa forme complète, il contra le second coup de griffes d'Odogara avec les siennes dans un crissement métallique comme si deux chevaliers confrontaient leurs lames respectives.
Il approcha sa gueule de loup du visage encore presque humain de sa demi-sœur folle de rage.

- Si tu veux vraiment me tuer, il va falloir que tu le fasses avec tes crocs ET tes griffes ! Les sentiments n'ont plus leur place ici-bas !

Odogara gronda son approbation au museau de Garon, dévoilant ses dents pointues en pleine croissance ! Elle n'avait plus qu'une seule envie : le tuer. Lui arracher la vie. Le faire taire à jamais ! La Lycanthrope, en proie à cette folie sanguinaire, n'avait plus ni frère ni famille... ni Meute !
Elle n'était plus qu'un torrent de haine et de ressentiments.
Mais aussi forte fût-elle sous cette forme, et ce malgré ses blessures diverses et variées, Odogara partiellement transformée ne pouvait pas prendre le dessus sur son demi-frère complètement métamorphosé. Celui-ci lui prouva ce fait sur-le-champs en renversant le rapport de forces d'un geste circulaire. Odogara s'écrasa sur l'épaule en produisant un couinement. Au sol, avant même de récupérer de sa chute, elle entreprit immédiatement de trancher une patte de son agresseur. En vain : son frère ramena la patte en arrière et la frappa au visage après avoir initié un mouvement de balancier.
La fille aux cheveux albinos rebondit dans le sable à deux reprises avant de s'immobiliser par terre, son nez en sang.
Garon poussa un hurlement victorieux en direction du ciel et les ovations, jusque là hésitantes, l'accueillirent aussitôt. Il marcha à pas lents vers le corps de sa demi-sœur, comme s'il savait qu'elle n'allait pas tarder à se relever.
Qu'elle devait absolument se relever.
Elle ne demandait qu'à être stimulée. Quand bien même Garon commençait à s'en lasser sérieusement. A l'aide du dos des griffes de sa patte, il retourna Odogara sur le ventre et plongea sons regard dans le sien.
En arrière-plan, les Orcs scandaient son nom et lui intimaient très vulgairement de la dévorer.
Et c'en serait terminé de cette histoire de malédiction. Je rendrais peut-être service à cette erreur de la nature qu'est malgré tout ma demi-sœur. Peut-être bien... ou peut-être pas.
Ses babines se retroussèrent en un sourire qui prêtait à confusion. Tout dépendait de l'angle par lequel on l'observait. Odogara avait les yeux entrouverts et nul n'aurait su si elle voyait encore le faciès animal de Garon. Auquel cas y aurait-elle perçu...

- Tu vas rester étendue là encore longtemps ? N'en ai-je pas assez dit au sujet de ta mère ? Osa-t-il encore expectorer.

Les yeux jaunes d'Odogara s'écarquillèrent de fureur. Ses veines se mirent à gonfler, son sang à affluer et refluer à un rythme affolant... sa haine viscérale à envahir son corps de long en large ! Enfin elle finit par muter - cette transformation répugnante, honnie par tous les Lycanthropes de sa Meute. Tous ses muscles gonflèrent et sa peau vira au rouge sanglant - plus une seule tâche de rose. Son visage adopta les traits monstrueux du loup, et plus encore ! Son nouveau museau s'arrondit, pour finalement se classer entre celui d'un dinosaure et celui d'un loup. A la différence de Garon, Odogara y laissa l'ensemble de ses guenilles, qui partirent en lambeaux à force d'extensions répétées.
La jeune fille - qui n'en était plus du tout une - sauta à la gorge de son demi-frère Loup-Garou et referma ses puissantes mâchoires, tels deux puissants étaux, sur son cou poilu. Garon, pourtant averti mais tout autant fasciné d'horreur, n'eut pas le temps d'éviter cet assaut empreint d'une extrême sauvagerie. Il ne parvint qu'à se défaire de la prise d'Odogara en y laissant un gros morceau de chair sanguinolente. Par chance, il ne s’agissait là non pas d'un bout de son cou mais plutôt d'une parcelle non-négligeable de son trapèze droit hypertrophié.
Du sang ruisselait en cascade le long de son torse couvert de poils bruns.
Elle a bien failli m'avoir ! Son apparence est aussi terrifiante que son agilité est stupéfiante. Je dois... !
Impossible pour lui de reculer ; Odogara, qui se tenait dans son dos, venait de se fendre d'un bond qui avait défié l'apesanteur en s'aidant d'un mur adjacent. Garon se retourna à temps pour lui barrer le torse d'un violent coup de griffes, mais n'eut le temps de voir qu'une giclée de sang arroser le sable ; sa demi-sœur avait de nouveau disparu le temps d'un claquement de doigts. Cette dernière bondissait inlassablement sur les murs, courant autour du Loup-Garou comme un vautour sur le point de fondre sur sa proie, avant de plonger littéralement dessus depuis un angle mort !
Garon chut sur le dos tout en s'efforçant, une fois l’atterrissage mené à son terme, de maintenir les croc de la Lycanthrope Écorchée à bonne distance de sa gorge. Pour ce faire, il dut puiser dans ses ultimes réserves d’énergie. D'un coup de patte arrière aussi violent qu'un coup de bélier, il projeta la louve sanguinaire en l'air puis se remit sur ses pattes en vue de la réceptionner, ses extrémités griffues plantées dans le sol, avec sa griffe droite prête à frapper !
Tu aurais pu l'emporter, jeune sœur. Il ne te manquait que le sang-froid. Rien que ça. Ne t'en veux pas : rares sont les Lycanthropes à le détenir.
Il ne put retenir son bras et le lança en fonction du temps de chute qu'il avait estimé juste.
Mais Odogara se contorsionna en l'air et, en conséquence de son action, modifia sa posture de manière inattendue.
Mais...?!
La griffe de Garon lui racla le flanc droit, mais Odogara passa outre, posant ses quatre paires de griffes acérées sur les membres supérieurs et inférieurs restants du Loup-Garou pour le maintenir cloué dans le sable, et referma cette fois-ci ses mâchoires autour de son cou exposé.
Garon, d'abord stupéfait, s'agita un moment avant de laisser échapper un son peu commun, situé entre le grognement, la plainte... et la parole. Puis autour de sa nuque vint la torsion mortelle, très vite suivie d'un craquement horrible.
Avant cela il s'en est précédé une longue ovation sifflante généralisée, un silence presque religieux... puis des applaudissements frénétiques au moment du coup de grâce !
Le boucan coupa l'appétit d'Odogara, qui n'eut que le temps d'avaler un gros morceau du cou sanguinolent de son demi-frère mort. Son cœur battait la chamade, tel un tambour cognant bruyamment entre ses cottes, avant de s'apaiser lentement dans une longue dégringolade émotionnelle.
La vision d'Odogara se flouta et celle-ci reprit sa forme humaine, ses cheveux et ses pupilles rouges. Elle voulut faire un pas en direction de la foule mais trébucha, la jambe étreinte par une douloureuse crampe, très vite suivie par une seconde, deux fois plus aiguë.
Avant de s'effondrer lourdement dans le sable, elle dodelina de la tête en balbutiant quelques paroles inaudibles - même pour elle.
Des larmes de sang striaient ses joues humides tandis que sa vision s’obscurcit...


Chiotte !
Dans les tréfonds des geôles orques, le plus lugubre des appartements de Garlash, Vortek avait perdu son pari - ainsi qu'une bonne partie de son panier - et s'en maudissait intérieurement. L'Elfe Noir peinait encore à le reconnaître mais... cette créature à la musculature rouge - on ne pouvait plus parler de peau, car celle-ci s'était déchirée une fois la transformation accomplie - avait dépassé toutes ses attentes, et celles d'Eviscéran plus encore ! A tel point que celui-ci n'avait pas pu s'empêcher de se frayer un chemin parmi les Orcs massifs à coups d'épaules pour proposer à l'organisateur une belle somme en échange de son acquisition.
Une acquisition aussi coûteuse que dangereuse, à n'en pas douter !
Vortek l'avait mis en garde à ce sujet précis, mentionnant bien évidemment la frénésie de la Lycanthrope avec ardeur. Rien à faire, cela dit : Eviscéran avait été proprement subjugué par la réelle apparence de ce bout de femme chétif !
Tch ! Non seulement le Demi-orc ressentait une attirance impérieuse pour les rousses bien gaulées, mais en plus de ça il éprouvait une irrépressible admiration pour les loups à la taille disproportionnée.
Comme s'il rêvait depuis toujours d'en chevaucher un !
Un rêve de gamin susceptible de lui coûter la vie. Sa vie mais aussi mon gagne pain, mes privilèges et tout ce qui s'en rapproche. Absolument tout depuis de longues années de dur labeur!
Vortek fit de son mieux pour ne pas fulminer dans le couloir qui menait à la prison de cette créature démoniaque. Tout comme il évitait de croiser le regard d'Eviscéran, qui évoluait joyeusement à ses côtés sans pour autant que sa gaieté soit trop ostensible.
Vortek avait perdu son pari, certes. Il l'avait lancé en toute connaissance de causes... si ce n'était la transformation inattendue de la rousse. Eviscéran n'y était pour rien, non...
En revanche, cette garce, elle, je ne suis pas prêt de l'oublier. Tout est de sa faute ! Fille maudite ! Engeance malsaine ! Tu auras tôt fait de servir nos intérêts et de me rembourser... de laver cet affront avec ta sueur et ton sang !
Toutefois, hormis lui, que ce soit Eviscéran ou Odogara, tout le monde ignorait que Vortek s'était emparé d'un trophée de grande valeur. Un sujet fascinant qu'il n'hésiterait pas un seul instant à étudier sous toutes ses coutures...



Confinée dans sa cellule, Odogara ne bougeait pas, ses poignets et ses chevilles blessés entravés par de lourdes chaînes. Tout cela n'avait plus d'importance. Plus grand-chose n'en avait à ses yeux.
Odagara, dans sa folie furieuse, s'était débarrassé de son imbécile de frère en lui arrachant la jugulaire. Le goût de son sang, le goût cuivré de ce fratricide, lui restait sur le palais. Elle en eut un haut-le-cœur rien qu'en y repensant et faillit vomir son dernier repas... qui, à sa simple vue, aurait entraîné un second vomissement sans nul doute plus abondant.
Peur et regrets lui étreignaient le cœur, lui nouaient l'estomac...
Sa Meute avait raison : elle était un monstre parmi les monstres. Un monstre plus terrifiant que les autres. Et la peur qu'ils avaient tous ressenti en la voyant pour la première fois se transformer en cette abomination, Odogara l'avait accumulée en elle...
Jusqu’à ce que la Boîte de Pandore finisse par la libérer dans un océan de violence sous le regard captivé des Orcs.
Je l'ai tué... J'en avais rêvé autrefois... et j'ai fini par le faire. Grand-frère est mort et j'en suis la responsable. Il ne m'insultera plus jamais. Il n'insultera plus jamais maman. Et pourtant...
Un souvenir qu'elle aurait tant voulu oublier, ne jamais vivre, ne jamais entendre, autrement plus douloureux que tous les autres, revint à l'assaut de sa conscience telle une goutte d'eau de plus claquant à la surface d'un lac pour y créer quelques désagréables remous.
...Ne t'en veux pas.... Tu t'en es très bien sortie, furent les derniers mots soufflés par son demi-frère au moment de son agonie.
Odogara manqua une énième fois de vomir ses tripes, se mordit le poignet aussi fort qu'elle put... puis éclata en sanglots, ses genoux frêles heurtant le sol dans un bruit sourd qui se réverbéra en échos sur les murs humides de sa prison.
Bien sûr que je m'en veux ! C'est toi qui a voulu ça, je l'ai bien compris, mais je ne peux pas m'en empêcher ! Je suis la maudite, et ma malédiction a fini par te frapper, toi, mon incorrigible et détestable frère...
Elle aurait donné cher pour pouvoir revenir en arrière. Très cher pour retourner dans le passé et renoncer à sa stupide échappée. Encore plus cher pour éviter le chemin des Orcs et leur embuscade qui avait finir par la jeter, elle et son demi-frère suicidaire, dans ce cachot miteux et puant.
Maintenant, Odogara craignait de retourner un jour chez les siens. Comment le pourrait-elle ? Sans son frère à ses côtés, les membres de sa Meute ne l'accueilleraient non pas les bras ouverts mais plutôt les griffes au-dehors !
Où est passé ton frère, Odogara ? Nous l'avons envoyé te récupérer et il n'est pas à tes côtés ? C'est une blague ?... Tu vas payer sa disparition en répandant ton sang, et qu'importe si la malédiction en vient à nous frapper après ça, traîtresse !
Odogara déglutit, la boule qui s’était formée dans son ventre devenue aussi large qu'un crâne. D'une taille semblable à celui de son demi-frère transformé, au minimum.
Je n'ai plus nulle part où aller.... mais ce n'est pas grave : demain, je me tiendrai encore sur le sable, baignée sous les rayons d'un soleil ardent, et ma tête finira par rouler dans ce même sable, fauchée comme un épis de blé après le passage d'une hache.
Le simple fait de penser au mot « blé » et à sa signification suffit à libérer l'estomac d'Odogara de son vilain poids ; des borborygmes dont elle eut sacrément honte se répercutèrent dans toute la pièce au moment où la porte de sa cellule s'ouvrit à la volée...
Histoire
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Odogara

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Mer 9 Mai - 23:34

PS : Avec mes excuses en ce qui concerne la longueur de cette histoire. ='° Je n'ai pas pu faire court. ^^'



Histoire (Deuxième Partie)

Le cœur gonflé d'émotion, Eviscéran s'arrêta sur le palier de la cellule pour contempler sa nouvelle acquisition qu'il jugeait déjà très prometteuse. Il se fichait pas mal de la nudité de la jeune fille, tout comme celle-ci n'avait pas non plus l'air d’en être dérangé pour le moment. Non, le Demi-Orc voyait beaucoup plus loin que ça ! Il s’intéressait à l'avenir et aux récompenses alléchantes qui se profilaient derrière cette « poule aux œufs d'or ». Elle lui avait déjà octroyé inconsciemment une bonne partie des ressources de Vortek et ce dernier allait devoir se démener corps et âme auprès de lui pour se renflouer.
Tout lui donnait effectivement l'impression d'avoir démarré sur les chapeaux de roues !
Eviscéran, flanqué de son acolyte éternellement encapuchonné, s'avança au milieu de la pièce. Il fit signe à Vortek de fermer la porte et celui-ci obéit sans broncher.
Le Demi-Orc fit craquer ses phalanges avant de prendre la parole :

- Sais-tu, à tout hasard, qui je suis ?

Les paupières encore lourdes, Odogara le regarda sans trop comprendre où il voulait en venir.
Bien sûr qu'elle ne le connaissait pas ! Et elle ne voulait pas le connaître. Il ressemblait à un Orc... sans en être vraiment un. Odogara nota que ses traits n'étaient pas aussi carrés que ceux d'une face porcine, que sa peau se rapprochait du gris et que ses défenses affleuraient à peine de ses lèvres.
Odogara secoua la tête, puis laissa momentanément traîner son regard sur la silhouette sinistre située à deux pas derrière son interlocuteur quand celui-ci se mit à faire les cent pas dans la cellule.

- Rien d'étonnant à cela. Je ne suis pas un Orc au sens propre du terme et je ne suis pas né dans les environs, déclara-t-il en écartant les mains, comme si tout cela coulait de source. Maintenant, je vais t'en poser une autre : As-tu la moindre idée de ce que tu es ?

Il s'était arrêté de tourner en rond et Odogara le regarda fixement, son esprit toujours en désordre, affecté par la mort de son demi-frère.
Cette question méritait réponse, car ce qu'elle était représentait le nœud du problème qu'était son existence-même.
Les mots franchirent ses lèvres sans précaution aucune.

- Je suis une enfant maudite. Une « écorchée », comme on les appelle chez moi. Tous ceux qui me fréquentent connaissent le malheur et finissent par en mourir. Je suis une meurtrière en puissance, doublée d'une fratricide. Je m'appelle Odogara, née monstre et incapable d'en réchapper. Maintenant, qui que vous soyez, tuez-moi, que je puisse rejoindre une contrée plus digne de moi...

Même s'il paraissait imperturbable, Vortek, à bonne distance de la jeune fille enchaînée, frémit à la mention du mot « malédiction ». Cette fille se reconnaissait complètement en tant que telle, et cela la rendait plus dangereuse à ses yeux.
Bon sang ! Eviscran était vraiment barge de vouloir s'occuper de cette chose !
L'intéressé secoua un index désapprobateur à l'intention d'Odogara.

- Ô comme tu dramatises les choses !... Cela dit, j'ignorais totalement que ce Lycanthrope était ton frère. C'est bien dommage ! Quel gâchis. Mais oublie ça, veux-tu ? Tout comme il va te falloir oublier tout ce que tu crois savoir, dit-il avec un sourire trompeur. Sauf ce nom, Odogara. Il me plaît bien ! Il s'approcha d'elle d'une grande foulée et lui saisit le menton avant qu'elle ne puisse se rebiffer. A compter de ce jour, tu seras mon esclave, à moi, Eviscéran. Garlash t'a traitée comme une moins que rien mais il n'en sera pas de même dans notre relation ; je sais récompenser les enfants obéissantes comme elles le méritent.

Odogara le toisa en fronçant les sourcils, le menton toujours prisonnier de ses gros doigts gris. Elle n'appréciait pas ce type - un autre qui lui dérobait sa liberté. Non, pis encore ! Un tordu pire que les autres, car il n'envisageait pas de la laisser mourir en paix.
La jeune rousse pesa très sérieusement le pour et le contre d'infliger une morsure bien méritée à ce monstre d'arrogance... avant d'opter pour la résignation. Les yeux luisants et mauves de l'individu encapuchonné épiaient le moindre de ses mouvements et l'instinct d'Odogara était catégorique à ce sujet-ci : Si tu mords le tas de muscles, tu en feras les frais. Quelque chose de certainement pire que la mort. Alors serre les dents et reste forte. Tu auras tout le temps de trépasser une fois qu'ils se seront retournés.
Mais ils ne se détournèrent d'elle à aucune moment. Pas plus qu'ils n'attendirent qu'on la soigne. Ces deux-là devaient sans doute l'avoir appris de Garlash en échange de quelques piécettes supplémentaires : la peau d'Odogara cicatrisait très vite. Sa longue estafilade au torse causée par les griffes de son frère n'en étaient pas exemptes.
Néanmoins, avant de repartir avec leur précieux trophée de la journée, Eviscéran se montra très conciliant. Il lui dégota, pour commencer, des vêtements en lin et, chose plus étonnante encore, lui permit à elle, sa marchandise, de manger à sa table - mais toujours sous la garde implicite de l'Elfe-Noir aux allures de Faucheuse.
Tout ce petit partage n'effaça pas la culpabilité qu'Odogara ressentait à l'égard de la mort de Garon ; toutefois elle vit cette lueur d'espoir briller dans le ténèbres de son cachot et se mit en tête de la saisir... ou de la croquer à pleines dents, dans son pauvre cas. Le suicide ne lui paraissait plus aussi attrayant.


Naguère, dans sa Meute, la Lycanthrope Écorchée était souvent victime de brimades, que ce soit de la main de ses congénères hirsutes de son âge ou de celle, plus violente et moins impartiale, des adultes. Alors quand Odogara, qui avait accepté la main tendue de son nouveau maître et de son sinistre collaborateur, finissait par ne plus se contenter de ce qu'on lui donnait, le vernis de civilité qui maquillait les traits d'Eviscéran avait commencé par se craqueler. L'influence de Vortek, dont la confiance envers leur nouvelle esclave s'approchait dangereusement du zéro absolu, n'était pas à négliger dans cette histoire. Il conseilla tout d'abord à son ami métissé de battre sa jeune chose jusqu'au sang... sans vraiment obtenir de résultat probant.
Cette fille est habituée à encaisser les coups, avait fait remarquer l'Elfe-Noir à son ami. Si les poings ne suffisent pas, tu devras passer au fouet. Et si jamais la lanière de cuir reconnaît ses limites, alors tu devras la frapper avec une chaîne. Nous ne pourrons pas toujours la surveiller ; tôt ou tard, elle cherchera à se faire la malle et, ce jour-là, nous n'aurons aucune chance de la rattraper. Dans le pire des cas, elle te montrera les crocs et essaiera de te bouffer. Déplaisante perspective, n'est-ce pas ?
Eviscéran, pas plus que son acolyte, n'avait envie de finir en petits morceaux déchiquetés à l'intérieur de l'estomac d'une esclave. Le maître de la jeune rousse avait donc fini par appliquer à la lettre les conseils qu'on lui soufflait à l'oreille ; pas de bol, alors que le fleuve du temps continuait irréversiblement à s'écouler, le caractère rebelle d'Odogara n'avait de cesse de se manifester. Si bien que le constat de l'acheteur fut sans appel : il allait avoir du mal à tirer des bénéfices d'une femelle aussi entêtée.
D'une part, elle se montrait souvent désobéissante et capricieuse, de l'autre elle mangeait beaucoup - un gouffre ! Tout en sachant que ces deux facteurs étaient souvent liés, Eviscéran ne pouvait pas se permettre de lui fournir une petite ration, sans quoi la jeune fille devenait ingérable.
L'accumulation de ces mésaventures l'amenèrent à se concerter plus en avant avec Vortek : il allait falloir mettre les bouchées doubles, opter pour une solution plus radicale... opter pour l'usage de la magie noire.
Si tu comptes la garder, c'est le seul moyen. Quand elle aura grandi davantage, son assurance sera proportionnelle à sa taille. Tu comptes l'utiliser dans des domaines qui te rapporteront beaucoup, je me trompe ? Il faut donc qu'elle se rappelle en permanence que c'est toi le chef. Ta volonté est divine - au-dessus de n'importe quelle autre. Ta volonté est la voix de sa raison ! Et pour que cela arrive, j'ai la solution.
Une solution coûteuse pour le duo d'esclavagiste. Vortek dut dénicher tout un tas de composants lugubres en vue de peaufiner son rituel. Eviscéran n'osait plus trop regarder ses comptes... même si ses coffres n'étaient pas aussi vides qu'il le craignait - loin de là.
Une fois les préparatifs achevés, il leur fallut louer la pièce d'un cachot pour une journée entière, et supporter le caractère de chien - on ne pouvait trouver meilleur qualificatif ! - de leur esclave affamée.
Ce ne fut guère de tout repos... comme vous n'allez pas tarder à le constater.

Dans l'espace confiné de la cellule, l'air vicié chatouillait désagréablement les sinus de tous ses occupants. Son sol de pierre, marqué par une quantité impressionnante de symboles cabalistiques de la main de Vortek, était éternellement froid car les rayons du soleil ne le dardaient jamais. Les murs non plus n'en avaient jamais connu les chaleureuses caresses. Au milieu de la cette prison reposait un autre bloc de pierre où Odogara, nue, étendue sur le ventre et copieusement enchaînée, se débattait frénétiquement.
Elle avait peur, à raison. Et si ses tortionnaires craignaient qu'elle se métamorphose en vilain cabot écorché, eh bien cela n'était pas prêt d'arriver : depuis la mort de son demi-frère, Odogara était sujette à un sérieux blocage. De ce savoir ainsi sans défense, cela ajoutait tout naturellement à sa peur.
La Lycan rousse battait des jambes autant que le lui permettaient ses liens d'acier - à savoir très peu. Ses chaînes cliquetaient et dérangeaient Vortek, en plein récit d'une sinistre incantation. Eviscéran, quant à lui, observait la scène avec le plus grand sérieux du monde, adossé contre un mur crasseux les bras croisés sur son épais poitrail. Ça l'embêtait d'en arriver là - autant pour son argent que pour la santé mentale de son esclave - mais le choix ne s'y prêtait plus.
Odogara se tordit le cou dans l'espoir de croiser son regard ; en vain, Eviscéran détourna les yeux avec une grimace comparable à celle d'un père à qui on aurait enfoncé un pieu en travers du cœur.

- Maître ! S'il vous plaît ! Hurlait-elle. Pitié ! Je serai obéissante ! J-Je... je... je peux m'améliorer ! Donnez-moi une seconde chance ! Pitié !! Je vous.... je vous en conjure !

Elle pleurait abondamment et Eviscéran l'imaginait mal jouer la comédie - quand elle mentait ou se comportait en actrice, il le savait bien mieux que quiconque. Il dut se faire violence pour rester de marbre, ou plutôt avoir l'air d'un maître dépourvu d'empathie en cette affreuse situation.
Odogara l'avait vu, le couteau de rituel que Vortek avait attaché à sa ceinture avant de pénétrer en ces lieux nauséabondes. Celui-ci aurait tout aussi bien pu le dissimuler jusqu'au moment fatidique maiiiis... Non. Il souriait d'un air lugubre, ses yeux imprégnés d'une magie cruelle et dénuée de toute forme d'empathie.
Odogara était terrifiée, plus que jamais elle ne l'avait été dans sa courte vie.
Sa mère l'avait mise en garde au sujet de la magie et de leurs initiés. Très sérieusement.
Fuis-les comme la Peste ! Ils n'ont d'égal que leurs semblables, mais les pires sont de loin ceux qui se sont adonnés à la magie des ténèbres. En compagnie de ceux-là, on se sent tout de suite mal à l'aise.
Le destin lui jouait un bien vilain tour : sans possibilité de transformation et avec de telles pensées en tête, Odogara s'approchait dangereusement de la folie. Si elle ne reprenait pas les reines tout de suite, son futur s'annonçait plus sale qu'un linge qu'on aurait volontairement laissé croupir dans une fosse commune.
L'Elfe-Noir se tourna face à elle, lame entre ses mains métalliques jointes selon la continuité de l'arête de son nez, et finit de prononcer son ultime phrase avec une délectation satanique hautement lisible sur le coin de ses lèvres.
Eviscéran sentit un frisson lui traverser l'échine en le regardant approcher de son esclave.

- ...Tu es sûr qu'on ne va pas trop loin ? s'enquit-il avec réticence. J'ai d-

D'une voix grave et autoritaire - rarissime dans son cas -, Vortek l'interrompit sans quitter des yeux Odogara, cette dernière continuant à pleurer en cascade et à émettre des suppliques toutes aussi larmoyantes.

- N'en dis pas plus, Eviscéran. Nous ne devons pas faiblir. Moi aussi j'ai le cœur lourd de devoir en arriver là...

Étrangement et à ce moment précis, le Demi-Orc n'en avait pas du tout l'impression. Il se tut quand même, se pinçant les lèvres aussi fort qu'il le pouvait.
Diable ! Pourquoi n'avait-il pas insister auprès de Vortek pour bâillonner son esclave ? Il n'oublierait sans doute jamais cette scène de toute sa vie !
Cela fait partie du rituel, lui avait répondu Vortek. Plus grande sera sa peur, plus puissant sera mon sceau ! La peur, c'est la base de l'asservissement. Les fondations-mêmes de ce qui feront tes bénéfices. Fais-moi confiance ; je ne me souviens pas t'avoir jamais déçu...
La lame à deux doigts de son visage, Odogara se figea, les yeux écarquillés. Une nouvelle fois, Eviscéran regarda ailleurs... puis se résolut à accompagner sa propriété dans cette douloureuse épreuve en se forçant à assister à cette scène.
Ce fut toutefois de première nécessité : Vortek leva ses yeux luminescents sur lui et l'intima de collaborer pour maintenir immobiles les épaules d'Odogara en plaquant ses grosses mains dessus, les chaînes ne suffisant visiblement pas.
Odogara poussa un cri affreux à en faire trembler les murs, son cœur noyé dans un océan de peur caustique. Tandis qu'Eviscéran tenait bon, Vortek écarta les longs cheveux roux d'entre les omoplates de la Lycan pour avoir le champ libre.
Son inhumaine mission du jour ? Tracer, avec la pointe de son couteau incurvé, un sceau - diablement complexe - constitué de minuscules écrits cabalistiques juste sous la nuque de sa patiente.
Lorsqu'il eut tracé le premier symbole, ses oreilles lui sifflaient déjà tant Odogara avait hurlé à la mort. Ce n'était pas vraiment étonnant : son couteau, trempé dans une solution qui anéantissaient les prodigieuse facultés de guérison d'Odogara le temps du rituel, laisserait une marque indélébile sur sa chair. Vortek, attentionné dans ce genre de circonstances, usait en permanence de sa sombre magie pour ne pas se louper lors des tracés - les courbes étant de loin le pire.
Après un quart d'heure seulement, il sentit les muscles du dos de la Lycan se gonfler légèrement. C'étaient les prémices de sa transformation. La rousse fonctionnait ainsi : les émotions fortes éveillaient sa sauvagerie. Bien que ces derniers temps elle n'y eut jamais recourt, ce moment-là risquait fort de lui restituer ses odieuses capacités métamorphiques.
Vortek devait donc faire vite, mais sans pour autant bâcler le travail.

- Sa peau vire au rouge, remarqua Eviscéran, dont le front luisait de sueur. C'est pas de bon augure !

- Je le sais ! gronda l'Elfe Noir. Je ne suis pas aveugle. Alors arrête de me sortir pareilles évidences : j'ai avant tout besoin de rester concentré.

Odogara avait cessé de crier ; à la place de cela, elle grognait de fureur. Les mains du Demi-Orc pressées sur ses épaules luttaient avec acharnement.
Vortek transpirait à grosses gouttes alors que sa lame travaillait sans relâche sur le dos de la Lycan en voie de transformation. Pris d'une pique de panique, il ne put s'empêcher de marmonner :

- Si jamais elle parfait sa mutation, je vais devoir l'achever...

Eviscéran leva sur lui des yeux emplis d'un colère froide.

- Si elle meurt, tu mourras aussi.

Vortek, à moitié penché sur son œuvre maudite, le regarda un moment, bouche-bée, sa colonne vertébrale courbée lui lançant des signaux de détresse.
Il ne ment pas. Je le lis dans ses yeux. Cet échec serait pour lui inacceptable. La vie d'une esclave désobéissante le préoccupe à ce point-là ? Diable !
Un autre grognement de la Lycan, plus prononcé. Plus guttural.
Puis un bref silence.
Plus qu'un trait... Plus qu'un... trait... ?!
Eviscéran bascula violemment en arrière, catapulté des épaules d'Odogara. Vortex recula en encaissant un coup de coude qui lui retourna l'estomac. Il laissa tomber sa lame pendant cet incident... mais ça lui importait pas. Pas plus que le fait que ça lame ait ripé avant de s'envoler de ses mains.
Son ouvrage était terminé et Odogara, dont la peau commençait à se déchirer sous tous les angles possibles, luttait encore contre la pression qu'exerçaient les chaînes sur son corps. Elle remua la tête en claquant des mâchoires, comme si elle cherchait quelque chose à dévorer.

- Ne me dis pas que t'as échoué, bordel !? cracha Eviscéran, tout pâle.

Vortex, une main pressée contre son ventre et un genou à terre, se redressa en prononçant une formule spécifique qui ne se résumait qu'en un mot. Un mot complexe difficilement compréhensible, et infiniment plus compliqué encore quand il s'agît de le poser sur papier en lettres communes. Ce mot-là, gravé sous la nuque d'Odogara au milieu d'un conglomérats de runes aussi petites que des fourmis, représentait le secret pour l'asservir.
Le soulagement gagna Vortek quand la terrible rousse se figea sous ses yeux ronds d'effroi, reprit forme humaine et s'affala, inconsciente et épuisée, sur la pierre froide.
Il se passa un revers de manche sur le front, à court de mots.

- Ah. Ça a marché, constata Eviscéran qui, aux yeux de Vortek, avait sérieusement l'air d'avoir fait dans son froc. Il reprenait des couleurs. Vortek n'avait jamais vu un Orc blanchir à ce point-là. Je te dois des excuses, Vortek.

L'intéressé balaya ce commentaire d'un geste évasif et répliqua, avec son légendaire sens de la répartie :

- Tu me dois surtout une bonne prime.

Après s'être approché suffisamment près d'elle, son regard vide de magie se posa sur le dos ensanglanté de la Lycan évanouie. Il y lut son œuvre, sa réussite, son sceau d'asservissement ! Ce symbole maudit en forme de cage, imprimé dans la chair de leur esclave. Dorénavant, Eviscéran et lui auraient un contrôle parfait sur cet être turbulent.
Vortek jubila, conscient qu'il tenait sa revanche. Son honneur bafoué enfin lavé de toutes ses impuretés !
Eviscéran le fit sursauter en posant une main sur son épaule caparaçonnée. Il la lui tapota amicalement... avant de la lui serrer plus durement entre ses doigts épais.

- C'est exact. Une fois que tu m'auras fait part de toutes les mots qui me permettront de la contrôler comme je l'entends. Il raffermit encore sa prise, ce qui fit grimacer Vortek. Celui-ci n'eut pas le temps de s'en plaindre ou de s'en déloger car le Demi-Orc le relâcha très vite : A partir de maintenant, JE détiens le pouvoir de décision sur elle. Toi, tu te contenteras de me conseiller. Tu ne dois jamais user des mots magiques sans ma permission. Jamais. Est-ce bien clair, Vortek ?

Muet sans trop savoir quoi en penser, l'Elfe-Noir le toisa un moment avant d’acquiescer en hochant la tête. Eviscéran secoua un index devant son visage. Pour une raison obscure, il se tenait une main dans le dos...

- Trop facile, ça, le tança-t-il. Je veux que tu me le promettes de vive voix. Ici et maintenant.

- Très bien, fit Vortek. Très bien. C'est ta chose, et non la mienne. Les mots qui permettent de l'asservir t'appartiennent, je vais te les enseigner. Tu pourras en faire ce que tu désires. Je t'en fais la promesse.

- Parfait, répondit Eviscéran en libérant Odogara avant de la hisser sur son épaule. Je te rends ça, fit-il en lui jetant le couteau souillé de sang entre les mains. Nettoie-moi tout ça et rejoins-moi dans nos appartements provisoires. Tu as quantité de choses à m’apprendre alors ne traîne pas. A demi-tourné vers Vortek, il lui décocha un clin d’œil triomphal : L'argent va couler à flots, mon ami.

Puis il quitta la cellule.
Quant à lui, L'Elfe Noir se demanda ce qui lui serait arrivé si jamais il aurait refusé de lui promettre de ne jamais prononcer les formules secrètes de servitude à l'encontre d'Odogara.
A aucun moment je ne l'ai vu ramasser ce couteau...
Après l'avoir nettoyé avec les moyens du bord et rangé dans un repli de son vêtement, il épousseta un pan de sa toge du plat de sa main métallique et se perdit pensivement en contemplation sur la porte de ce cachot, là où Eviscéran venait tout juste de disparaître avec son esclave.
Cette femelle lui retourne l'esprit. Elle l'influence plus qu'il ne semble le croire.
Vortek haussa les épaules. Au fond, ce n'était pas vraiment un problème. Pas le sien, en tout cas. Sa dette pansée, son honneur cicatrisé, tout allait bien.
Pour le moment...


Les années filèrent à bonne allure. Odogara obéissait au doigt et à l’œil. Eviscéran pouvait lui demander tout et n'importe quoi - ou presque - ; il tenait sa vie entre ses mains ! Vortek, toujours à son service, prospectait de son côté pendant ses heures perdues. Eviscéran n'allait pas se contenter d'une seule esclave, ça non ! Tout comme il ne comptait pas non plus moisir dans un coin reculé de ce monde. Raison pour laquelle il avait momentanément confié la charge de « Chasseur de Trésors » à son fidèle acolyte. Pendant ce temps-là, le Demi-Orc, en compagnie de son esclave ayant tout juste atteint sa précieuse maturité tant attendue, était bien décidé à y goûter le premier. Celui lui permit de tester plus en profondeur les formules cabalistiques de Vortek, qui ne nécessitaient pas de disposer de pouvoirs magiques car la présence de la marque s'occupait de tout. Quand Odogara se montrait réticente - car son caractère restait tout de même inchangé, dieu merci ! -, un mot sifflé suffisait à la rendre obligeante. Si elle y résistait, le sceau se mettait à briller modérément et la court-circuitait d'emblée, la forçant à revenir immédiatement sur sa décision ou à cesser d'hésiter. Ce ne fut donc pas difficile pour Eviscéran de lui prendre sa virginité sans qu'elle ne se débatte, le griffe ou le morde. Toute pensée belliqueuse était filtrée par le sceau d’asservissement, et ce dernier interdisait à Odogara de se transformer tant qu'on ne lui en avait pas donné l'autorisation.
Ha ! Une vraie merveille, ce tatouage macabre !
Le Demi-Orc prit donc son pied à maintes reprises, rôdant sa délicieuse esclave sur tout ce qui concernait les plaisirs de la chair. Il lui enseigna quantité de choses dans ce domaine précis, auxquels elle finit par savourer pleinement. Si bien que pendant un moment, Eviscéran se mit à croire que son esclave commençait à s'éprendre de lui. C'était probablement le cas. Certainement.
Mais le Demi-Orc devait renoncer à ses pensées égoïstes et à ses espoirs stériles. Il devait... partager. Odogara ne se contenta pas d'arrondir ses fins de mois - elle était et restait sa poule de luxe ! La Lycan rousse à l’esprit enchaîné lui appartenait corps et âme. Il vendit donc ses services à très bon prix, comme elle était dans la fleur de l'âge. Pour commencer, il tâcha de faire les choses dans l'ordre, c'est-à-dire : un client à la fois. Puis, alors que d'autres esclaves atterrirent sous sa coupe grâce aux efforts de Vortek, Eviscéran dut lui consacrer moins de temps. Du temps jamais de trop : très vite colmaté par les demandes intempestives d'une large clientèle. Odogara, plus expérimentée et toujours plus endurante, finit par accueillir plusieurs partenaires de chambrée en même temps. Elle rapporta gros à son patron. Et pas seulement en vendant son corps et en sacrifiant sa dignité.
Comme elle disposait d'une force impressionnante, la Lycan ne lésinait pas avec les travaux en tout genre. Déplacer de lourdes charges, réparer des toits délabrés ou éventrés, rendre de coûteux services toujours plus diversifiés... tout ça, elle savait faire - on le lui avait enseigné assez rapidement entre deux journées de travail au lit. Chasser aussi, ça ne lui était pas inconnu ! Ce qui permettait à Eviscéran de diminuer efficacement les dépenses en matière de nourriture, quand bien même Odogara avait fini par accepter de se contenter de plus petites rations.
Eviscéran aurait très bien pu s'arrêter là. Eh bien, non ! Brûlant d'ambitions, il tenait à ce que ses affaires s'élargissent. Le meurtre en faisait partie intégrante. Un domaine à risques, certes, mais qui pouvait rapporter gros. Très gros avec un conseiller comme Vortek à ses côtés. Un Elfe-Noir intelligent, sournois et perfide dont la connaissance des poisons n'était en rien négligeable. Les travaux plus musclés, un peu moins subtils et salissants, Eviscéran les laissait à sa plus fervente esclave. Odogara n'accomplissait pas tous les jours ce genre de sombres besognes, certes, mais elle s'entraînait durement quand elle n'était pas occupée à écarter les cuisses avec une montagne de clients. Son maître y veillait au grain et, quand il jugeait qu'elle n'était pas à la hauteur, il la punissait pour qu'elle redouble d'ardeur et d'efficacité. L'un de ses - ignobles - pêchés mignons en matière de sanction visait à contraindre Odogara, à l'insu des autres, à copuler... avec des canidés. L'impliquée détestait ça et Eviscéran le savait très bien : en conséquence de quoi Odogara prenait bien davantage son pied avec sa clientèle humanoïde, lui apportant de ce fait toujours plus de bénéfices.
Eviscéran et sa clientèle étaient aux anges !
Odogara ? Un peu moins, mais elle arrivait à le supporter.
Bref. Eviscéran, qui avait fini par franchir un sacré cap, fit donc de son esclave favorite une arme vivante tout à fait redoutable en même temps qu'une prostituée tout aussi rentable. De plus en plus confiants en ses capacités, le Demi-Orc et Vortek lui apprirent, en collaborant brillamment, à se rendre méconnaissable. Elle n'avait le droit de se déguiser et de se vêtir autrement qu'avec son vêtement de lin - en dehors de ses heures à tapiner - que lorsqu'on lui en donnait l'autorisation, la marque sous sa nuque réagissant de manière très stricte à ce sujet.
Et d'autres années s'évaporèrent dans le flux du temps, jusqu'à ce que cette annonce d'Eviscéran marque un tournant dans la vie d'Odogara : leur départ vers la Silit, la Cité aux Mille Vices.


Eviscéran, accompagné de son brave - *kof kof* - Vortek et de son petit cortège servile - dont Odogara, bien évidement ! -, n'eut aucun mal à se trouver une place dans la Cité des Mille Vices. En vue de faire croître ses affaires, il s’installa judicieusement à l'extrémité la plus proche du haut quartier, dans les bas quartiers donc. Là-bas, il permit aux esclaves sous sa charge de s'adonner à la prostitution intensive. Et pour que l'offre et la demande soient au mieux respectés, Eviscéran confia à sa favorite le droit et le devoir d'enseigner tout ce qu'elle savait, dans ce domaine lucratif et attractif, aux autres soumises moins douées.
Finalement, comme Eviscéran l'avait promis à son conseiller : l'argent coulait à flots !
Il savait se débrouiller avec la concurrence, se donnant des airs de gérant très amical, faisant montre d'une patience impressionnante, d'un sang-froid à toute épreuves... avant d'envoyer sa somptueuse marionnette préférée faire tout le travail - et sans laisser de trace - dans des intervalles de temps très réfléchis. Odogara avait appris à jouer un rôle et à le tenir jusqu'au bout - elle savait ce qui lui arriverait si jamais elle échouait dans quelque domaine que ce fût -, à se déguiser et à devenir une tout autre personne, à faire fi de ses émotions pour obéir comme la chienne d’Écorchée qu'elle était. C'était là sa malédiction, un souvenir indélébile... et son éternelle sanction pour avoir zigouillé son demi-frère. Vérité blessante à laquelle elle évitait de trop penser.

Son quotidien commença à basculer ce jour-là, où une mission particulièrement compliquée lui fut assignée. Encore une fois, il s'agissait d'éliminer la concurrence. Le délai avec le premier meurtre (non-élucidé par les enquêteurs) étant largement passé, Odogara dut encore se résoudre à se teindre les cheveux d'une autre couleur - en noir cette fois-ci - et à se maquiller en conséquence. Pour cette mission, on lui offrit des lentilles de contact, fabriqués par Vortek, qui lui donnaient les yeux vairons - un vert et un bleu -, ainsi que des vêtements noirs.
Eviscéran, qui prenait ces temps-ci un malin plaisir à lui faire des surprises, recommanda à deux de ses hommes - plus souples que baraqués - récemment achetés sur le marché et prétendument doués  de se joindre à elle.
La Lycan n'était pas folle de joie ; elle préférait de loin travailler seule. Toutefois, elle ne dit rien et ne fit rien pour contredire son maître qui, à force de renflouer ses caisses, avaient les chevilles plus enflées que jamais et la main très légère. Moins Odogara passait de nuits avec le Demi-Orc, mieux elle se portait. Néanmoins, par-delà la contrainte instillée par son sceau, une partie d'elle, confuse, l’aimait toujours. Ce sentiment-là... ne voulait pas s'effacer. Ou peut-être qu'Odogara, en son for intérieur, refusait de briser cette attache.
Sans mon maître, je ne suis plus rien ni personne.
Ce fut avec cette pensée en tête, répétée comme une litanie, qu'elle tomba dans un piège avec ses benêts de « collègues ».

Debout, dans une ruelle où la lumière perçait à peine, Odogara se maudissait silencieusement de n'avoir pas mis les choses au clair dès le début avec les deux hommes qui l'avaient accompagnée. Eviscéran aurait même dû s'en occuper lui-même, de cette tâche pourtant si simple. Diable ! Ceux-là n'en avaient fait qu'à leur tête tout du long...
Des « connaisseurs », hein, qu'il disait !... Pfff !
Les deux ignares tenaient en respect un homme conforme à la description faite par leur commanditaire, c'était un fait. Mais ces deux abrutis finis... n'avaient pas deviné un seul instant, après avoir suivi ladite cible, que cette dernière n'était qu'un leurre. Une doublure, pour être plus précis.
Les hommes suffisamment riches et un peu paranoïaques sur les bords s'en dégotent toujours une quand survient le doute. Et mes manchots de compagnie ont sauté à pieds joints dans le piège.
Odogara se mordit la lèvre inférieure en écoutant les deux zouaves se chamailler.
Agacée d'assister à ce spectacle débilitant, elle finit par se faire entendre... ou essaya, du moins. Car la panique submergea ses collaborateurs ; ils prirent une décision à la hâte et le coup de dague de trop fusa en direction du leurre. Celui-ci, égorgé, les mains autour de son cou sanguinolent, percuta le mur au bout de l'impasse où ils se trouvaient tous assemblés, glissa contre le ciment, et poussa son dernier soupir, ses grands yeux vitreux ouverts sous le coup de l'incrédulité.

- Merde ! Espèce d'abruti ! Pourquoi tu l'as buté ? ragea le plus élancé des deux, dont le nez ressemblait vaguement à un crochet vu de profil.

L'autre, qui tenait la dague ensanglantée, tremblait de tous ses membres.
Un foutu expert, oui! Je vois ça. Mais où Eviscéran est-il allé dénicher ces spécimens ? Dans une foire ?! Et pour me les coller aux basque, en plus ! Je pourrais mourir d'embarras, là, sur place, tout de suite.

- J'ai perdu mon sang-froid..., répondit l'assassin peu avisé. Ça peut arriver à tout le monde, bordel ! Alors ne me juge pas ! explosa-t-il en levant sa dague à hauteurs de yeux de son collègue d'infortune. Et puis si j'l'avais pas planté, cui'là aurait fini par tout balancer !

Nez crochu leva les mains devant lui en signe d'apaisement.

- OK, fit-il, ses sourcils se rejoignant formaient presque une ligne tellement il avait l'air navré. OK. Maintenant calme-toi. On peut encore se rattraper. On nettoie ici, on se débarrasse du corps, on trouve le vrai type, puis on le bute. Il tourna la tête en direction d'Odogara, qui se tenait la proche de l'autre extrémité de la ruelle. Pas vr-... Foutredieu !



D'abord stupéfaite, la Lycan finit par comprendre la réaction incongrue du demeuré. Dans son dos, elle sentit comme une présence. Renifler l'air une unique fois lui suffit à comprendre que, parmi les odeurs infectes qui exhalaient dans cette impasse, un autre témoin qu'elle assistait à cette scène ridicule.
Elle se tourna avec une lenteur délibérée et, par réflexe, recula d'un pas vers ses acolytes.
L'individu, séduisant malgré sa beauté ténébreuse, avec ses cheveux rouges mi-longs jetés en arrière, portait un cache-œil sur la partie gauche de son visage. Odogara discerna une impressionnante balafre qui s'étendait du coin de sa lèvre inférieure jusqu'à son sourcil gauche.
Il lui parut tout de suite moins joli à regarder. Et plus dangereux aussi.
Le sombre personnage était armé jusqu'aux dents - deux sabres sur les flancs, accrochés à sa ceinture, et une autre lame aussi longue que lui qui dépassant de son dos. Il s'était calmement adossé à un mur, comme s'il ne craignait pas de recevoir une dague entre les deux yeux.
Son costume sous-entendait qu'il faisait partie d'une patrouille Silitienne.
D'une voix de baryton, il prit la parole sur un ton posé, presque détaché :

- Laisse-moi répondre à la place de la dame : Faux, vous n'en ferez rien.

Après quoi il se décolla du mur pour regarder droit dans les yeux, tour à tour, Odogara et ses deux accompagnateurs disgracieux dont elle se serait bien passé.

- J'imagine que vous êtes tous bien partis pour émettre une objection musclée, motivés par la supériorité numérique qui penche de votre côté, s'avança-t-il en se dressant de toute sa hauteur devant la seule issue de l'impasse.

Nez-crochu et son acolyte s'agitaient, mal à l'aise, hésitants... ils évaluaient leurs chances.
Odogara, étrangement calme, ne bougeait pas d'un pouce. Elle préférait la prudence. Et ne voyait absolument aucun inconvénient à ce que les abrutis de service s'offrent en pâture au patrouilleur pendant qu'elle chercherait à se faire la malle.
Je me vois mal le persuader que je ne suis qu'un catin qui s'est trompée de ruelle... Et de cet homme dégage une aura qui me file la chair de poule.
Les paroles qui s'ensuivirent confirmaient sa première impression.

- Généralement ça se passe toujours comme ça : j'en écrase un ou deux. J'en garde, dans le pire des cas, un seul en vie. Passé le chiffre deux, ça devient tout de suite plus compliqué à transporter, vous comprenez ? Puis son ton se fit plus ferme en même temps que ses sourcils se froncèrent en deux lignes furieuses : Vous avez trois secondes pour vous décider.

Il ne leur en fallut pas plus de deux.
Passant comme un courant d'air à côté d'Odogara, non sans cracher une injure ô combien vulgaire et désolante, l'homme à la dague se jeta sur le patrouilleur avec la ferme intention de le poignarder.
En un geste très professionnel, ce dernier, du dos de sa main gantée, dévia le coup de sa trajectoire initiale, saisit le poignet de l'assassin inexpérimenté et le lui écrasa dans le mur. On entendit un craquement abominable résonner dans l'enclave ponctué d'un cri suraigu. Puis ce fut la tête qui suivit le pas, provocant un creux dans la pierre taillée, avant que le corps du malheureux, tout mou, ne s'écrase aux pieds du redoutable patrouilleur.
Tout cela se passa si vite qu'Odogara, spectatrice figée, eut à peine le temps d'aligner les images dans son esprit. Elle en oublia même de respirer.

- Putain de merde ! Ça peut pas se finir comme ça ! intervint Nez-Crochu en dégainant une lame un peu plus longue jusqu'alors dissimulée sous sa tunique.

Le patrouilleur s'avança d'un pas en gardant un œil sur Odogara. Il s'exprima à l'attention de l'assassin stressé.

- Il semblerait que ce soit toi qui sera épargné, dit-il en levant un main à hauteur de sa taille. Mais je t'en prie. Vas-y, frappe ! Si tu penses avoir ne serait-ce qu'une petite chance de me réduire au silence. Change donc le cours de ton destin. Ou du moins essaie...

D'abord en proie au doute, les yeux rivés sur le corps commotionné de son camarade, Nez-Crochu émit un petit sifflement plaintif... qui se transforma subitement en un grognement de pure frustration. Il ne chargea qu'ensuite, avec l'énergie du désespoir alors même que le combat n'avait pas encore été engagé.

- J'admire ton courage.

Le roux évita le coup d'une simple contorsion du buste. La lame siffla à quelques centimètres de son visage avant de s'arrêter loin derrière sa tête. S'étant ainsi infiltré dans la garde de l'assassin pathétique, le patrouilleur le frappa à deux reprises - un coup de coude au niveau du ventre et un autre, plus rapide, à la pointe du menton. Il ne pivota sur un pied pour se retrouver derrière son adversaire qu'après lui avoir infligé un coup du tranchant de la main en travers de la gorge, le faisant suffoquer sur place. Après quoi il lui administra une seconde percussion juste derrière sa nuque exposée ; suffisamment puissante pour leur contraindre au sommeil, pas assez pour lui rompre les cervicales.
Une maîtrise qui incita Odogara à faire un pas de plus en arrière et à buter maladroitement, avec son talon droit, sur le cadavre de la doublure de l'homme qu'elle avait pour mission de tuer.
Elle se rattrapa au mur, puis leva rapidement les yeux sur le patrouilleur... qui se trouvait assez proche d'elle pour qu'elle puisse sentir son souffle chaud lui caresser le visage.
Que... ? En si peu de temps ?
Il était plus grand qu'elle et la toisait de haut. Pas avec mépris, non ; plutôt avec une sorte de curiosité mêlée... d'incertitude. Il lui redressa le menton du bout des doigts, avec tout de même moins de brutalité qu'Eviscéran ne l'aurait fait.

- ...Ton visage me dit vaguement quelque chose, songea-t-il ouvertement, avec un ton assez interrogatif pour motiver Odogara à en placer une... sans toutefois qu'elle ose tourner la tête pour se déloger de sa poigne.

- Nous nous sommes sans doute entraperçus dans un bordel, lui répondit-elle un peu plus durement qu'elle ne l'avait escompté.

Elle se tenait sur la défensive, les poings serrés, prête à faire jaillir ses griffes d'entre ses métacarpes avec pour maigre espoir de se créer une ouverture et fuir à toutes jambes dans la rue adjacente.
La patrouilleur secoua la tête, un demi-sourire suspendu à ses lèvres.
Sa répartie semblait l'amuser.
Juste un peu.

- Non, ça, ça ne risque pas, réfuta-t-il en baissant enfin la main. Je ne fréquente pas assez souvent ces lieux pour oublier le visage une beauté fatale dans ton genre.

Odogara, les joues légèrement rosies par ce compliment inattendu, déglutit le plus discrètement possible.

- Vas-tu essayer de me faire croire que tu n'es pas de mèche avec ces deux incompétents ? s'enquit sereinement le patrouilleur. Ou vas-tu te mettre à fondre en larmes et m’implorer de te laisser filer ?

Elle remarqua que son seul œil valide contenait une pupille rouge que les siennes, car ils échangèrent un long regard avant qu'elle ne rebondisse, le plus fièrement possible, sur ses attentes.

- Je suis sûre qu'une bonne pipe vous ferez le plus grand bien.

Le patrouilleur éclata de rire !
Odogara, qui était tout à fait sérieuse vis-à-vis de cette possible transaction, se retrouva bien conne.
Sa main droite bougea presque imperceptiblement, mais elle sentit le cuir du gant du patrouilleur se poser délicatement dessus, là où ses griffes ne risquaient pas de la transpercer si jamais Odogara venait à les faire jaillir.

- Tu as le mérite d'être amusante, reprit-il. Mais c'est non. J'ai deux cadavres sur les bras - dont un qui s'est « accidentellement » cogné la tête dans le mur en essayant de s'enfuir - et tu peux donc aisément comprendre qu'il m'est moralement impossible de te laisser partir comme ça.

Il leva les yeux au plafond - au-dessus duquel il y avait probablement un salon, ou une chambre - et fit mine de réfléchir. D'aucuns auraient vu là une opportunité pour le frapper sournoisement. Pas Odogara, qui avait fini par comprendre le petit manège du patrouilleur.
Il la testait.

- Si vous perdez votre temps à me parler, c'est que vous désirez quelque chose. Dites-le. Proposez-moi votre marché, qu'on en termine, s'avança-t-elle, de moins en moins commode.

Une attitude qui ne froissa guère son locuteur, redevenu visiblement sérieux.
Mais ne l'avait-il pas toujours été jusqu’ici ?

- Comme c'est curieux... Plus je t'entends et plus j'ai l'impression de t'avoir déjà parlé auparavant. C’est intriguant, vraiment...

- Venons-en aux faits, je vous prie.

Il éluda son précédent commentaire d'un geste évasif et se jeta à l'eau.

- Je veux ton nom et celui de ton commanditaire, puis il s'interrompit pour jeter un bref coup d’œil aux deux assassins étalés par terre et les désigna du pouce. Et celui de ces deux-là pendant que tu y es. Après quoi il se pourrait bien que tu soies miraculeusement parvenue à me filer entre les doigts pendant que j'avais le dos tourné, occupé à chercher des indices sur l’identité de ces hommes.

Odogara, qui entrevoyait à peine une porte de sortie, se sentit piégée.
Que ferait le sceau d'asservissement si jamais elle prononçait impunément le nom de son maître ? Cette marque maudite réagissait en fonction de ses émotions. La délation vis-à-vis d'Eviscéran pourrait lui coûter cher... même si elle n'en était pas très sûre. Et puis... ses sentiments pour le Demi-Orc faisaient également barrage.
Elle ouvrit la bouche pour parler mais rien n'en sortit.
Très sérieux, le patrouilleur l'interrogea du regard.

- Eh bien... ?

Odogara, au comble du désespoir, gonfla les joues et réagit comme une enfant vexée.

- Je ne peux pas vous aider.

- Vraiment ? Même au risque de finir enfermée à jamais dans un cachot, seule, avec pour seule compagnie ta fiente ? Ou, si tu as davantage de chance : pendue au bout d'une corde en place publique, à te vider de tous tes fluides ? J’estime que ce serait un beau gâchis.

Il exagérait un peu... ou peut-être pas. Odogara ne connaissait pas grand-chose sur les lois de la Cité. Toujours était-il qu'elle n'avait pas envie de goûter aux « joies de la vie carcérale » ou à « l'ultime vidange par pendaison ».

- Je ne peux rien vous dire au sujet de notre commanditaire, tout comme je serais bien incapable de vous donner le nom de... ces deux incapables !

- Doucement, ma grande. Tu les as suivis, je te rappelle. Dans un sens, tu ne vaux pas vraiment mieux qu'eux,
lui fit-il remarquer. Il n'est plus très difficile pour moi de comprendre pourquoi vous avez si lamentablement échoués. Enfin... « échoués » si l'on omet votre dernière victime pour se focaliser sur votre cruel manque de discrétion qui vous aura valu mon intervention.

Et cela la blessa plus qu'elle ne l'aurait cru possible.
Ce type... les avait-il filés ? Fort probable.
Odogara s'emmura dans un silence désespéré. Elle avait à la fois trop chaud et trop froid tant la situation lui semblait à sens unique.
Le patrouilleur raffermit sa poigne sur sa main, lui rappelant ainsi qu’il n'en avait pas fini avec elle.

- J'ai toujours été plutôt bon pour ce qui est des devinettes, avoua-t-il avec cette nouvelle pointe d'ironie dans sa voix. Je vais me contenter d'un indice. Et de ton nom, bien évidemment. Mieux vaut pour toi que tu n'essaies pas de me mentir. La moindre de tes réactions pourrait te trahir. Et je sais de quoi je parle, puisque je suis un piètre menteur moi aussi.

Odogara se mit à réfléchir fiévreusement, les sourcils froncés, puis finit par se résigner.
Ce deal ne lui sauvait pas vraiment les miches, car si jamais le patrouilleur remontait à son maître, elle en ferait assurément les frais. En revanche, après pareil échec, elle ne pouvait pas non plus se permettre de rentrer bredouille. Eviscéran ne se contenterait certainement pas de la faire copuler avec des chiens pour la punir, pas plus qu'il ne la frapperait jusqu’à effusion de sang.
Extrêmement déçu par sa création, il serait bien capable de la couper en morceaux et de les faire couler dans le cours d'eau le plus éloigné de ses appartements... ou alors il nourrirait des chiens affamés avec ses restes. Le bond compromis !
La Lycan Écorchée sentit un vent glacé balayer le cours de sa misérable existence.
Elle tourna le dos au patrouilleur, aspira une grande goulée d'air pour se donner du courage, fit passer ses cheveux noir par-dessus son épaule, et se décida à lui exposer l'horrible sceau d'asservissement gravé sous sa nuque.
Le patrouilleur hoqueta d'horreur.

- Ciel ! Lâcha-t-il, plus halluciné que ne l'avait espéré Odogara. Cette marque... Par-dessus son épaule, la Lycan le vit blêmir. Ne me dis pas que... ? Qui t'a fait ça ?

Il était sans voix. Aussi Odogara crut bon de fournir une réponse à sa question. Celle-ci partit comme une flèche...

- Il se fait appeler V-GGGGgggh !!

...qui se brisa en plein vol.
Le sceau d'asservissement se mit à rayonner, puis à pulser, comme un cœur tambourinant dans une poitrine. Odogara tomba à genoux, foudroyée par une vive douleur assez terrible pour la faire convulser cinq bonnes secondes.
La joue pressée contre la pierre, elle vit le genou du patrouilleur toucher terre avant qu'il ne la soulève, son visage soudain encore plus sombre qu'il ne l'avait été avant son duel avec l'assassin à la dague.

- D'accord, dit-il en se grattant inexplicablement la nuque. J'ai compris le message. Un type qui trace des sceaux aussi ignobles que celui-ci, lié à la magie ténèbres... Je n'en connais pas trente-six. Sa signature ne m'a pas échappée... mes réserves à ce sujet sont très limitées. Ce dont je suis persuadé, c'est que nous avons à faire à de sacrés ordures.

La Lycan divergente reprit presque instantanément connaissance et fut prise d'un violent sursaut. Dans son dos, la marque brillait encore à tel point que ça continuait de la brûler. Le patrouilleur la laissa retomber sur les genoux et les avants-bras. En la retenant un minimum tout de même pour ne pas qu'elle se fasse trop mal.
Odogara bafouilla quelque chose qu'il ne comprit pas, et ce même en tendant l'oreille.

- Tu as dit quelque chose ?

- Je m'...appelle... Odogara..., articula-t-elle laborieusement.

- Ah, fit-il. J'avais complètement oublié que je t'aie demandé ton nom.

Si elle avait été en position de le faire, Odogara aurait roulé des yeux au ciel. C'était bien la peine qu'elle se démène pour lui souffler son prénom !

- Et... vous ? osa-t-elle le lui demander.

- Tu te sens capable de te relever et de filer d'ici sur tes guibolles ? éluda le patrouilleur.

Le sceau d'asservissement cessa enfin de la torturer et Odogara récupéra un semblant de vitalité.
Elle hocha la tête après s'être redressée, non sans s'être aidée d'un mur voisin pour y parvenir plus rapidement.

- Alors ne te fais pas prier, lui répondit le borgne en se penchant sur le cadavre de la victime. Moi j'ai une enquête à mener. Et une fuyarde à retrouver si jamais elle fait trop parler d'elle, si tu vois ce que je veux dire ? fit-il en lui coulant un regard accusateur par-dessus son épaule costumée.

Ça, ça ne risque pas.
Odogara se dirigea vers la seule issue de cette impasse, bien décidée à quitter les lieux quand le patrouilleur l'appela en prononçant son nom. Ils échangèrent un regard et le borgne, dénué de crainte de finir traqué par la suite, déclara d'une voix assurée :

- Burnagore. C'est comme ça que je m'appelle.

Stupéfaite par cette conclusion, Odogara hésita un bref instant, puis tourna enfin les talons pour fuir, aussi loin que le lui permettraient les remparts de cette cité, son passé tourmenté.
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Nyroc Wolfen

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Jeu 10 Mai - 5:26

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Ven 11 Mai - 21:57

Merci ! =)

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Karel Vi Silit

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Sam 12 Mai - 0:56

Bonsoir ~ désolé pour le temps de réponse !

Ton histoire à part, que je n'ai pas eu le temps de finir de lire, je vais devoir te demander de m'envoyer le contenu de ton mental par mp pour lecture, n'ayant pas la possibilité de le faire depuis mon téléphone. Il est sinon aussi possible d'attendre le 15 au soir que j'ai de nouveau accès à un ordinateur!
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Sam 12 Mai - 23:59

Bonsoir. =)

Étant donné la longueur de mon bordel ma fiche, je trouve le temps de réponse tout à fait normal. x) Et j'ajouterais que ce n'est pas pressé : ces temps-ci, le travail ne manque pas. D'autant que j'ai largement de quoi m'occuper à côté en ce qui concerne les loisirs~
Enfin bref ! Tout ça pour dire que je suis disposé à patienter jusqu'au 15 - psst! *fait signe à son auditoire d'approcher, comme pour lui souffler un secret à l'oreille* C'est à un jour près la date de sortie de Dead Pool 2 au cinoche! - et plus en cas d'imprévu. Ce n'est pas un problème du tout. ^^
Après, si de ton côté ça t'arrange/t'avance les choses, je peux toujours Copier/Coller la description du mental de mon personnage pour te l'envoyer par message privé comme tu me l'as demandé.
En outre, j'aurais éventuellement une ou plusieurs questions si jamais la "race modifiée", ou disons plutôt "le souci de naissance", de mon personnage est acceptée... mais ça, vaut mieux le traiter à tête reposée et sans hâte aucune. ^^'

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Mer 16 Mai - 1:19

Merci pour ta patience ! Je prendrai le temps de lire ta fiche entièrement à tête reposée demain !
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Jeu 17 Mai - 15:38

Alors alors alors, lecture faite !

Dans l'ensemble, je n'ai pas de problèmes avec ta fiche, et je trouve même le principe de lycan écorché très intéressant : serait-il possible que tu m'envoie toutes ses particularités par mp pour que je puisse juger ou non de sa possibilité d'existence dans l'univers de Silit ?

Pas de souci pour le rituel magique non plus, qui tombe très clairement dans la catégorisation de la magie de l'Ombre, et j'ai même plutôt bien aimé l'idée.

Par contre, quelque chose qui me pose souci c'est la transformation d'Odogara. je crois qu'il y a confusion sur comment fonctionne la métamorphose des lycans : elle se fait de forme anthropomorphe (donc humains avec les attributs lupins, voire furry) vers la forme de loup, comme dit dans la description de la race, il n'y a point de forme monstrueuse existante. Il te faudra donc corriger ça avant de pouvoir être validée !
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Jeu 17 Mai - 20:38

Content qu'une grande partie de mes idées morbides t'aient plu ! x') Et j'allais justement te proposer de mettre au clair les spécificités propres aux Lycans Écorchés, notamment dans l'optique d'éviter à l'avenir toute sorte de bévue possible.
Par contre, j'ai un peu de mal à voir clair en ce qui concerne ladite forme monstrueuse qui fait défaut. =O Et comme j'ai peur de modifier quelque chose qui ne doit pas forcément l'être, je ne serais pas contre un petit peu plus de précisions à ce sujet. ^^'
Peux-tu, si cela ne te gêne pas bien sûr, me donner un petit exemple (passage ou une citation de mes écrits de préférence) qui pose problème ? Après quoi j'aurai tous les outils nécessaires à la correction et pourrai m'y affairer l'esprit libéré ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Jeu 17 Mai - 22:47

"Il tut la douleur dans l’œuf en prenant sa forme de Lycanthrope... Enfin disons plutôt qu'il l'a remplaça par une autre, plus violente et plus sourde. Assez pour qu'il ait l'impression de sentir la moindre parcelle de sa peau transpercée par des aiguilles, ses fibres musculaires étirées de manière disproportionnée et ses os à la fois brisés et recollés en de multiples endroits.
Sous sa forme complète, il contra le second coup de griffes d'Odogara avec les siennes dans un crissement métallique comme si deux chevaliers confrontaient leurs lames respectives."

Hors, la transformation d'un loup garou dans cet univers ne comprend pas de forme "entre-deux", il s'agit uniquement d'un loup. Je comprends la cofusion apportée par le terme "forme antropomorphe", et m'en vais corriger, mais il était utilisé car, dans leurs formes de base, les loups garous peuvent aussi bien ressembler à CA qu'à CA, et c'est bien différent, trop pour que je mette juste "forme humaine" dans le descriptif de la race... ceci je vais corriger ça de mon côté x)
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Ven 18 Mai - 20:30

Ah !... Je comprends mieux. Enfin disons plutôt que j'arrive à mieux visualiser la chose. =° Mais j'ai surtout l'impression d'avoir mal expliqué le phénomène. La forme "entre-deux" que tu t'imagines n'en est pas vraiment une, puisqu'avant de se transformer en grand méchant loup Garon n'avait fait qu'utiliser ses griffes et rien de plus. Il n'est donc pas question de forme "intermédiaire". Après je ne sais pas si ça gène vraiment qu'il y ait recourt avant de devenir un "Loup-garou à part entier"... ?
Et si c'est le cas, ça fausserait également une bonne partie du "système de mutation" d'Odogara, étant donné qu'elle peut faire jaillir ses paires de griffes de ses mains et de ses pieds - depuis ses ongles et également d'entre ses métacarpes - sans virer totalement au rouge et se voir pousser des crocs. scratch

Hmm... J'ajoute aussi que, comme je n'aime pas du tout qu'un personnage tout juste créé détienne dès le début tous les avantages en rapport avec sa race, je me suis intentionnellement servi du "Sceau d'asservissement" à des fins aussi pratiques que scénaristiques. Je m'explique : Il a été fait mention dans mon... Giga-Parpaing qu'Odogara ne peut pas se transformer comme elle l'entend tant que la maudite gravure inscrite sous sa nuque existe/fonctionne. En somme, j'ai bridé ses facultés à dessein, histoire de permettre à mon personnage d'évoluer au fur et à mesure des évènements à venir - c'est plus encourageant pour RP et on évite souvent, parce ce biais, une impression de "surplace" et de lassitude.

Maintenant, ce que je te propose - si tu n'y vois pas encore d’inconvénient, car je pense qu'il nous manque mutuellement quelques données pour que les "Écorchés" ne soient ni trop pétés(Horreur!) ni trop bridés(j'aime la faiblesse! /pan) -, c'est que je prenne un peu de temps en plus pour rédiger une fiche technique propre à mon personnage et à ses pouvoirs en particulier afin que tout soit étalé proprement sur la table sans vice caché aucun. J'estime que c'est nécessaire et que ça pourrait faire d'une pierre deux coups, conformément à ta précédente demande qui se trouve ci-après => "serait-il possible que tu m'envoie toutes ses particularités par Mp pour que je puisse juger ou non de sa possibilité d'existence dans l'univers de Silit ?"
A mon sens, c'est le meilleur moyen pour nous mettre d'accord et éviter un maximum d'incohérences. Et si jamais tu me donnes ce feu vert, je te garantis que je travaillerai avec précision sur les avantages et inconvénients relatifs à la race de mon personnage dans le but d'établir un équilibrage des plus nets ! Il faut un bon compromis à tout, comme dirait l'autre.

Je pense ne pas pouvoir trouver meilleure suggestion à te proposer. Surprised Surtout que le lundi prochain est férié et que j'aurai donc tout un week-end pour te pondre ça sans bavure.
La décision t'appartient~
Après ça, j'arrête de marchander. Promis. /bang

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Ven 18 Mai - 23:21

Ca me va sans souci ! ^^

Disons surtout que je visualisais très mal des loups qui parlent entre autre, de même, je n'ai pas d'inconvénients à la pousse de griffes, même si un peu n'importe où ça commence à carrément tirer sur la magie qui, elle, n'est jamais innée, peu importe le talent naturel qu'on puisse avoir à son utilisation.

Après, si les choses sont bien expliquées et justifiées, elles devraient pouvoir passer. J'attends donc avec impatience que tu me donnes les particularités propres aux écorchés ~
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Lun 21 Mai - 10:11

Après j'aurais pu mettre le texte concerné en italique - ou sous une autre police plus distincte - et donner l'impression aux lecteurs que les dialogues ne sont que des grognements compréhensibles uniquement entre affreux Lycans. study Et les Worgens dans WoW arrivent à parler entre eux même quand ils sont recouvert de poils !.... je sais, on est pas dans Wow. x')
Bon. Maintenant je vais prendre un peu de temps pour te proposer les fiches dont il est question. *Va bosser ça, car n'ayant pas fait grand-chose pendant ce week-end à part lézarder, faire de la musculation, jouer à la console et aller au cinoche... C'pas très glorieux*

EDIT : je viens de t'en envoyer un aperçu par MP. ^^

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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Mer 23 Mai - 23:26

Félicitations, te voici validée ! Je t'invite dès à présent à aller recenser ton avatar pour t'assurer que personne ne puisse te le piquer, et te faire une fiche de liens si le cœur t'en dit !

Si tu as besoin d'un logement, ou d'un lieu de travail, je t'invite à aller en faire la demande dans ce sujet, et enfin, n'hésite pas poster une demande de rp ici ou à en lancer un libre pour démarrer !

Bon jeu à toi !
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MessageSujet: Re: Odogara - Esclave et Maudite par-dessus le marché.   Mer 23 Mai - 23:31

Merci bieeen ! =)

Je vais voir ce que je peux faire pour la fiche des liens - sachant que je suis une redoutable quiche en matière de codage et que.... sans codage, ça rend mal, justement ! x'D
En revanche, pour ce qui est de l'avatar, j'y accours tout de suite, là, maintenant ! bounce

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